11 policiers tués en novembre, le SPNH 17 s’alarme

La PNH intensifie ses opérations contre les gangs armés
La PNH intensifie ses opérations contre les gangs armés

Le syndicat de la PNH (SPNH 17) tire la sonnette d’alarme en raison de la hausse vertigineuse des cas de kidnapping de policiers dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Le coordonnateur de ce syndicat, M. Gary Jean Baptiste, estime que l’abandon, au cours des derniers mois, des dispositions sécuritaires à Delmas et Port-au-Prince est la cause de cette recrudescence. Le dispositif, mis en place par l’ancienne administration avait permis de restreindre les mouvements des bandits. Il s’agissait pratiquement d’un étau permettant de réduire les cas d’enlèvement à Delmas. 

Le démantèlement du dispositif a contribué au retour en force des criminels. Plusieurs policiers enlevés n’ont jamais été retrouvés.

De plus M. Jean Baptiste évoque une certaine méfiance des policiers à l’égard des nouveaux responsables dans les unités et les commissariats. Ceci a eu pour effet de refroidir l’ardeur des policiers dans les divers fronts. 

M. Jean Baptiste fait état également d’un manque de motivation de nombreux policiers impliqués dans le combat à cause du non versement de certains frais tels des primes de risque. La combinaison de ces problèmes entraine un relâchement du dispositif sécuritaire facilitant les exactions des criminels.

De l’avis du coordonnateur du SPNH 17 le chef de la Police doit rétablir l’ancien dispositif qui avait permis de réduire à néant les cas d’enlèvement dans ce qui reste de la région métropolitaine.

La situation est d’autant plus grave que des kidnappings sont réalisés dans moins de 20% de la capitale sous contrôle des forces de l’ordre.

La police est affaiblie

Le coordonnateur du SPNH accuse les autorités étatiques et les haut gradés d’avoir œuvré à affaiblir la Police. Il juge que plus de 60 % des hauts gradés sont incompétents, corrompus ou complices des dirigeants politiques. C’est la principale cause de la déliquescence des forces de l’ordre. M. Jean Baptiste révèle que plusieurs policiers ont été impliqués dans des réseaux criminels par l’intermédiaire de hauts responsables politiques complices des gangs.

 La politisation de la police est l’une des causes de sa d’échéance. Il faut relancer le processus de certification afin d’épurer l’institution policière. À son avis la réalisation d’un tel processus contribuera à renforcer la confiance et la détermination des vrais policiers.

Une meilleure gestion de l’effectif

Le grand nombre de policiers en détachement auprès des officiels est également un obstacle majeur à l’efficacité des forces de l’ordre.

M. Jean Baptiste s’indigne que les policiers des unités d’élite notamment SWAT, Cimo, Boid, mieux entraînés pour affronter les gangs, soient astreints à des taches de sécurité rapprochée. À ses yeux le chef de la police ne contrôle pas effectivement cet aspect et des commandants d’unités spécialisés engagent directement les policiers.

M. Jean Baptiste presse le chef de la Police à reprendre le programme d’une unité spécialisée dans la protection rapprochée. Cette disposition permettra de rendre disponible les membres des unités d’élites et leurs armes automatiques pour la lutte contre l’insécurité.

Par ailleurs il insiste sur la nécessité de poursuivre la lutte contre la corruption. C’est un fléau qui gangrène l’institution, dénonce t-il déplorant que l’ULCC n’ait pas donné suite aux dénonciations du syndicat formulées il y a plus d’une année.

LLM / radio Métropole Haiti

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