
Le père Jean Gardy Maisonneuve, du Sant Kal Levèk, appelle les autorités gouvernementales et policières haïtiennes à poursuivre les opérations en vue du démantèlement des gangs. Disposant d’informations provenant du terrain, il révèle que les bandits fuient sans réellement affronter les forces de l’ordre. Le démantèlement des gangs doit être suivi de la traque de leurs fournisseurs d’armes et de munitions. Cette étape est indispensable pour bien comprendre le phénomène et l’éradiquer complètement, explique-t-il.
Le père Maisonneuve argue que ces opérations sont rendues possibles grâce à la volonté manifeste des autorités gouvernementales. À son avis, l’absence d’actions concrètes pour éradiquer les gangs résulte de la complicité entre certains officiels et des chefs de gangs.
Complicité des officiels avec les gangs
Il dit détenir des preuves selon lesquelles des officiels actuels, tout comme ceux des gouvernements antérieurs, étaient fortement impliqués dans le trafic d’armes et de munitions à la frontière. Il s’agit de la principale source d’approvisionnement des gangs. Le Sant Kal Levèk avait, depuis 2016, levé le voile sur ce trafic et sur l’implication de plusieurs officiels du gouvernement et de parlementaires.
La fin de la terreur des gangs passe par un contrôle strict des frontières terrestres, maritimes et aériennes. Pour le père Maisonneuve, 90 % du problème sécuritaire sera résolu lorsque les autorités parviendront à contrôler efficacement les frontières. Au cours des derniers mois, le gouvernement haïtien a entrepris de négocier un contrat avec une firme israélienne pour sécuriser les postes frontaliers.
En outre, le directeur du Sant Kal Levèk plaide pour une épuration des forces de police. Des statistiques révèlent que 40 à 60 % des policiers seraient complices des gangs. Ces policiers corrompus contribuent à alimenter les gangs en armes et en munitions. De plus, ils seraient impliqués dans les enlèvements.
De l’avis du père Maisonneuve, des policiers corrompus étaient responsables de la récente recrudescence des kidnappings, notamment à Delmas.
Les bandits ne peuvent sortir de leurs repaires depuis deux mois, note-t-il.
Reprise timide des activités
Le père Maisonneuve confirme que les opérations policières ont déjà porté leurs fruits dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Il fait état notamment de la reprise du trafic automobile à Nazon à plus de 80 %. Dans le même temps, les activités économiques du secteur informel ont repris au Champ de Mars.
Toutefois, le tournoi de football prévu pour le week-end prochain au stade Sylvio Cator a été reporté. Les autorités sécuritaires se sont opposées à cette initiative, arguant de la volatilité de la situation sécuritaire au centre-ville.
Un match amical entre un club haïtien et un club brésilien était à l’affiche.
LLM / Radio Métropole Haïti

