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Des zones d’ombre dans l’affaire Jovenel Moise 

Le dirigeant politique Sauveur Pierre Etienne tire une fois de plus la sonnette d’alarme pour que la lumière soit faite sur l’assassinat du président Jovenel Moise. 5 ans après le magnicide l’ancien coordonnateur de l’organisation du peuple en lutte (OPL) soutient que le récent transfert de pouvoir s’inscrit dans la logique de la poursuite du coup d’État de 2021.

À son avis le coup d’État s’explique avec ses trois corollaires que sont l’assassinat du chef de l’État, la confiscation de la souveraineté populaire et l’effondrement de l’État. Ces trois éléments sont plus que jamais d’actualité, estime le politologue.

Il juge qu’il existe aujourd’hui plus d’interrogations que de réponses autour de l’assassinat du président Moïse.

Parmi les questions sans réponses, M. Pierre Etienne émet des doutes sur la mort de l’ex vice présidente de la Cour de Cassation, accusée d’implication dans le coup d’État.

Au yeux de M. Etienne il faudrait que les instances judiciaires détiennent des documents prouvant le décès.

En outre il insiste sur la nécessité d’approfondir les investigations autour des révélations de l’ex sénateur John Joel Joseph, condamné pour son implication dans le crime odieux. De l’avis de M. Etienne les indices pourraient révéler l’implication de certaines formations politiques.

Par ailleurs l’ancien coordonnateur de l’OPL trouve scandaleux que l’État haïtien n’ait jamais réclamé l’extradition du juge Jean Roger Noelsius, lequel avait émis un mandat à l’encontre du président en fonction.

Les évènements des 5 dernières années s’inscrivent dans la logique de ce coup d’État qui fait perdurer la confiscation de la souveraineté populaire.

Complot dans l’entourage du chef de l’État 

Le dirigeant politique croit que les plus hautes autorités dans les divers sphères du pouvoir étaient impliquées dans le complot.

Il regrette la naïveté du président qui n’avait pas fait incarcéré son chef de sécurité rapprochée après la tentative de coup d’État manqué du 7 février 2021. De plus il considère que le chef de la Police, M. Léon Charles, n’avait pas adopté des mesures urgentes pour faire échec à l’assaut contre la résidence présidentielle .

La nomination de M. Charles, au poste d’ambassadeur à l’OEA quelques semaines plus tard, est à ses yeux la preuve de son implication dans la trame des évènements.

Des proches conseillers du président seraient également en lien avec le réseau.

Éventuelle implication de la Primature 

Il accuse également l’ex Premier Ministre M. Claude Joseph, d’avoir joué un rôle dans le magnicide. Le Premier Ministre était proche de l’ancien ambassadeur d’Haïti en République Dominicaine.

Preuve de la grande confusion, M. Etienne rappelle que l’ex Premier Ministre Joseph avait accusé son successeur Ariel Henry d’être l’un des auteurs du crime. 

M. Etienne révèle que des entrepreneurs, qui avaient investi avec le chef de l’État, souhaitaient sa mort afin de récupérer l’intégralité des capitaux engagés dans certains secteurs.

Il souhaite que le gouvernement américain déclassifie les dossiers liés à l’assassinat de M. Moïse. À son avis les parents du président assassiné devraient formuler cette requête auprès de l’administration américaine.

LLM / radio Métropole Haïti 

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