
C’est un retour tout azimut des déplacés dans leur quartiers au bas de Delmas et à Nazon. Dépités par les conditions exécrables de vies dans les sites d’hébergement de nombreux résidents ont regagné leur domiciles au cours des dernières semaines. Il s’agit en réalité pour ces gens de construire des abris en tôle et bois sur leur terre. C’est la seule solution puisque les résidences ont été détruites. Tous les meubles, vêtements et accessoires de maisons ont été volés y compris les sanitaires. Les bandits ont pris le soin d’incendier tout ce qu’ils ne pouvaient emporter. Un résident décrit la situation en terme clair les bandits sont pires que le séisme du 12 janvier 2010.
Certains résidents ayant obtenu une aide se sont installés permettant ainsi un retour de la vie sur les ruines.
Des déplacés dans l’attente d’une assistance financière
De nombreux résidents ne peuvent revenir dans leur quartier faute de ressources financières. Ces déplacés sont dans l’attente d’une assistance du gouvernement espérant une subvention de 100 000 gourdes. Pour ne pas être exclus du programme ils ont commencé le nettoyage de leurs résidences tout en étant présent dans les sites .
Le père Gardy Maisonneuve précise que cette stratégie permet à ces personnes de bénéficier de l’assistance alimentaire puisqu’ils ne disposent d’aucune source de revenus et ont tout perdu dans leur quartier.
Engouement pour revenir à une vie communautaire
Il existe un vrai engouement pour le retour dans les quartiers de Nazon et du bas de Delmas. Preuve de l’affluence, des cas d’accidents de véhicules sont enregistrés sur cette voie abandonnée il y a quelques mois.
Le père Maisonneuve souligne que de nombreux déplacés ne sont pas encore revenus parce qu’ils avaient pu louer une maison. Ces gens attendent la fin du bail à feme afin de rentrer chez eux.
Le retour des policiers au sous commissariat du carrefour de l’aéroport est perçu comme un signal de la présence de l’État dans la zone. Les gens sont enthousiastes et s’évertuent à nettoyer et réaménager les résidences. Pour d’autres la démarche consiste à construire un abri pour reprendre une vie plus ou moins normale.
Le père Maisonneuve appelle les autorités policières à déployer un nombre significatif de policiers sur place. À son avis il faudrait que 40 policiers soient affectés au sous commissariat afin de faire face à d’éventuel assaut des malfrats.
Toutefois il assure que les gangs sont fortement affaiblis par les récentes opérations. De nombreux bandits ont été tués lors des affrontements et les chefs de gangs ont fui la zone. Le père Maisonneuve presse les forces de l’ordre à intensifier les opérations en vue de capturer des chefs de gangs pour signifier la fin de la terreur.
LLM / radio Métropole Haïti

