
Les forces de l’ordre exercent depuis plusieurs mois une pression constante sur les gangs dans la région métropolitaine de Port-au-Prince. Ces assauts, qui ont fait reculer les gangs, sont à l’origine de la poussée de violence en périphérie de la capitale, estiment de
nombreux spécialistes et autorités locales.
Une resurgence de la terreur est enregistrée dans la Plaine du Cul de sac et à Kenskof notamment.
Le spécialiste en sécurité publique M. Réginald Delva juge qu’il existe un lien entre les violences aux village Renaissance dans la Plaine du Cul de Sac et la récupération du quartier de Bel Air par les forces de l’ordre. De nombreux déplacés, considérés comme proches des chefs de gangs, avaient trouvé refuge dans cette zone au nord de la capitale. Un conflit entre des chefs de gang a été à l’origine des affrontements toujours en cours. Le nombre de victimes ne peut être déterminé dans cette région privée de présence policière depuis plus de 4 ans.
Les gangs Taliban et Chien Méchant exercent leur emprise sur cette région.
Par ailleurs le responsable de l’hôpital Fontaine, M. Jose Ulysses, a fait état de 14 cas de blessures graves par balles. Cependant l’hôpital a dû être évacué à cause de l’intensification des affrontements. Une équipe d’urgence est maintenue pour réaliser les accouchements et prendre en charge les nouveaux nés présentant des déficiences.
Plus d’une dizaine d’enfants malades sous assistance respiratoire n’ont pu être évacués.
Assaut des gangs dans les zones reculées de Kenskof
Un peu au Sud est de la région métropolitaine de Port-au-Prince, c’est un scénario similaire. Des bandits, ayant pris la fuite face aux assauts des unités spécialisées de la PNH, ont attaqué les habitants des sections rurales de Kenskof. 3 personnes ont été tuées et plus d’une centaine de maisons incendiées dans les localités de Gelin et Belle Fontaine le week end écoulé.
Les bandits ont également emporté de nombreuses têtes de bétail.
Le Maire M. Massillon Jean, exhorte les autorités policières à réaliser de manière simultanée des opérations dans le centre ville de Port-au-Prince et dans les régions reculées de la commune. À son avis les bandits ont pu reprendre leur forces à cause de l’arrêt des opérations. Ils avaient concédé de lourdes pertes lors des récentes opérations.
L’Agent Exécutif intérimaire confirme que les difficultés d’accès aux repaires des bandits compliquent la situation. Les véhicules blindés ne peuvent accéder à ces régions, dit il préconisant le recours à des appuis aériens. Il rappelle que l’utilisation des drones avait récemment permis de neutraliser un grand nombre de criminels.
Les forces de l’ordre sont présentes uniquement au centre ville de Kenskof ce qui permet la poursuite des activités économiques et académiques. Le Maire presse les autorités gouvernementales à allouer des ressources aux CASEC afin qu’ils puissent organiser une défense face aux assaut des malfrats.
La situation reste précaire dans les 5 sections communales toujours sous la menace des bandits en provenance de Carrefour et du centre ville de Port-au-Prince.
LLM / radio Métropole Haïti

