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Haïti
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Intensification de la violence en Plaine  

Les conditions de vie des habitants se sont fortement dégradées dans la zone de la Plaine du cul-de-sac. Les affrontements se sont intensifiés aux cours des dernières 72 heures provoquant le déplacement de plusieurs milliers de personnes. 

Le pasteur Enoc, notable de la zone, explique qu’un grand nombre de personnes ont été tuées. Parmi eux au moins un employé de la Société du Rhum Barbancourt. Aucune statistique n’est disponible après plus de deux mois d’affrontements. Pour le pasteur Enoc il s’agit d’un bilan catastrophique en terme de tués et de blessés.

L’hôpital Médecins Sans Frontières (MSF) a dû fermer ses portes déplorant un risque trop élevé pour les patients et le personnel soignant. Cette structure hospitalière a pris en charge plus de 40 blessés par balles en une seule journée.

Des patrouilles d’unités d’élite de la Police nationale ont été remarquées dans la zone des combats hier. Le pasteur Enoc regrette que les forces de l’ordre ne disposent pas de structure permanente dans la région. 

Les affrontements opposent des gangs de G Pep à ceux de G 9. Les gangs Taliban de Canaan, 400 Marozos et Chien Méchant ont lancé des assauts contre les gangs de la zone à Terre noire et Pierre 6.

Les gangs de la Plaine veulent étendre leur territoires aux première et deuxième section communale de Cité Soleil afin de rançonner les entreprises de la zone. Cette zone industrielle permet d’installer des postes de péages sur les tronçons donnant accès aux routes nationales 1 et 9.

Des entreprises en danger

Plusieurs entreprises dont la Société du Rhum Barbancourt, les brasseries nationale et la Couronne et Comme Il Faut déplorent la forte détérioration des conditions sécuritaires dans la zone. Les responsables de ces compagnies pressent le gouvernement haïtien à rendre accessible les routes. Il s’agit notamment de la route donnant accès à l’aéroport international Toussaint Louverture. Des fossés ont été creusés empêchant la circulation des véhicules et des blindés.

Plus de 2 500 emplois directs et plus de 160 000 emplois indirects sont menacés à cause de l’offensive des gangs. 

Les entreprises réclament des interventions urgentes pour ramener la sécurité dans cette région importante pour l’économie nationale.

Crise humanitaire 

Le pasteur Enoc dénonce la nonchalance des autorités face aux violences des gangs et la crise humanitaire.

Il révèle que plusieurs personnes sont toujours prises au piège et ne peuvent quitter les quartiers.

Les première et deuxième sections communales de Cité Soleil sont désertes. Seuls des résignés et des complices des gangs demeurent sur place, a laissé entendre le religieux.

 En ce qui a trait aux milliers de déplacés, pasteur Enoc regrette qu’aucune disposition n’aient été adoptée pour leur venir en aide.

Les déplacés qui, se sont regroupés près du Parc industriel de la Sonapi sur la route de l’aéroport, sont livrés à eux mêmes.

 D’autres déplacés ont trouvé refuge dans des quartiers de Cité Soleil.

Tous ces gens sont confrontées à la faim et vivent dans le dénuement le plus complet puisqu’ils n’ont pas pu emporter leur effets personnels.

La semaine écoulée le gouvernement avait désigné les nouveaux membres de la commission communale. Le pasteur Enoc soutient que ceci devrait être le signal d’une certaine emprise du ministère de l’intérieur dans la zone. Cependant les faits démontrent le contraire.

Les déplacés en colère ont lancé des mouvements de protestation hier en bloquant la route de l’aéroport.

LLM / radio Métropole Haïti 

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