
La réouverture la route nationale numéro 2 constitue la principale préoccupation des nouvelles autorités communales de Gressier (sud de la capitale). Depuis deux ans la région métropolitaine de Port-au-Prince est totalement coupée de la péninsule sud par les gangs qui avaient érigé deux murs sur la route.
Le directeur général de la Mairie de Gressier, M. Alexis Claudy, confirme que les deux murs ont été récemment démolis mais que la route reste inaccessible. Il note qu’il s’agit d’une avancée significative dans les efforts des autorités locales visant le rétablissement d’un climat sécuritaire dans cette commune entre Carrefour et Léogane.
Le directeur général dément les rumeurs faisant état de négociations avec les gangs pour faciliter la démolition des murs. Il rappelle que les bandits ont été repoussés dans plusieurs sections rurales par les unités spécialisees avec l’appui des groupes d’autodéfense. Le principal défi consiste en la consolidation du contrôle de ces quartiers par les forces de l’ordre.
Une stratégie pour récupérer les territoires perdues
Les autorités communales ont bouclé la semaine écoulée les travaux de réparation du commissariat de Police. Des séances de travail ont eu lieu avec les autorités policières en vue du retour des forces de l’ordre sur place.
Le nouveau conseil d’administration communal a pu rétablir une présence dans la commune. Depuis l’invasion, les agents exécutifs intérimaires avaient fui vers Léogane. Même si les autorités locales et policières sont recroquevillées dans la section rurale de Ti boucan et Santo, limitrophe de Léogane, des efforts sont déployés par les groupes d’autodéfense en vue de récupérer les quartiers.
L’implication de la communauté
M. Claudy confirme l’implication des commandants des unités spécialisées de la Police dans l’élaboration des stratégies sécuritaires. Il révèle que des rencontres avec les organisations de base ont permis de définir une stratégie pour reprendre le contrôle de la commune. À son avis le recours à l’affrontement reste une option mais ne constitue pas la démarche prioritaire.
Outre une étroite collaboration avec les leaders communautaires, M. Claudy exprime le désir de renforcer les liens avec les autorités communales de Carrefour et de Léogane. À ses yeux une coordination des stratégies sécuritaires est indispensable pour mieux lutter contre les gangs. Il atteste que c’est la collaboration entre les autorités locales et les organisations de la société civile qui a permis la démolition des murs. L’administration communale ne disposait pas de ressource financières suffisantes pour louer des engins lourds recommandés.
La démolition des murs s’inscrit dans le cadre des efforts pour rendre les axes routiers accessibles aux forces de l’ordre. De nombreux autres murs sont toujours en place dans les artères secondaires. Les bandits contrôlent plus de 80% de Gressier y compris le centre ville. Au nord de Gressier, dans le quartier de Mariani, un autre gang dénommé 103 zombis impose sa loi. Les efforts visent à déverrouiller Gressier, étape importante dans la réouverture de la route nationale.
LLM / radio Métropole Haïti

