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Possible aggravation de l’insécurité alimentaire

Les acteurs du système humanitaire en Haïti anticipent une aggravation de l’insécurité alimentaire au cours des six prochains mois. Ils soulignent que l’insécurité persistante, les prix élevés et les chocs climatiques continuent d’entraîner des niveaux de Crise et d’Urgence.

Selon des données publiées par plusieurs institutions, dont FEWS NET, entre juin 2026 et janvier 2027, plus de trois millions de personnes devraient être confrontées à une insécurité alimentaire de Crise (Phase 3 de l’IPC) ou d’Urgence (Phase 4 de l’IPC). Un pic des besoins humanitaires (PIN) est attendu en novembre, avant les récoltes d’hiver.

Famine Early Warning Systems Network (FEWS NET) révèle que l’accès des ménages pauvres à la nourriture demeure limité en raison de la violence persistante, des déplacements de population, des prix alimentaires élevés et de revenus inférieurs à la moyenne. Les populations les plus durement touchées sont concentrées dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, l’Artibonite, le Centre et certaines communes du Nord-Ouest.

Forte détérioration des conditions de vie des populations vulnérables

Dans la zone métropolitaine de Port-au-Prince, les principales victimes sont les personnes déplacées vivant dans des sites où prévaut une insécurité alimentaire d’Urgence (Phase 4 de l’IPC). Cette situation s’explique par la perte de leurs moyens d’existence, le manque d’opportunités de revenus et les déplacements répétés provoqués par la crise sécuritaire. Dans les départements de l’Ouest, du Centre et de l’Artibonite, en proie à la violence armée, les moyens d’existence des ménages continuent de se détériorer.

FEWS NET estime qu’en raison de la dégradation de leurs conditions de vie, de nombreux ménages sont contraints d’adopter des stratégies d’adaptation négatives, telles que la mendicité, la vente d’actifs ou encore l’envoi des enfants manger ailleurs. Les communes de Port-au-Prince, Cité Soleil, Croix-des-Bouquets, Cornillon et Ganthier, où les violences, la baisse des revenus journaliers et les prix élevés limitent sévèrement l’accès à l’alimentation, sont classées en Urgence (Phase 4 de l’IPC).

Dans le Nord-Ouest, les résultats de Crise (Phase 3 de l’IPC) sont généralisés, avec des poches de ménages confrontés à une insécurité alimentaire plus sévère, notamment dans les communes de Baie-de-Henne et de Bombardopolis.

La violence accentue l’insécurité alimentaire

La violence persistante est directement liée aux déplacements de population, lesquels contribuent à la hausse des prix des denrées alimentaires et limitent davantage l’accès des familles pauvres à la nourriture. Dans la plupart des zones agroécologiques classées en Crise (Phase 3 de l’IPC), on observe une intensification du déboisement et de la production de charbon de bois. Par ailleurs, une augmentation significative des migrations vers la République dominicaine, le Mexique, le Chili et le Brésil a été signalée.

Les organisations humanitaires estiment que la poursuite de l’expansion et de la consolidation de la présence des gangs dans les principales zones agricoles et le long des corridors commerciaux continuera de limiter l’accès des ménages à la nourriture et aux revenus jusqu’à la fin de 2026. L’insécurité devrait également continuer à perturber les activités agricoles en limitant l’accès aux terres, en réduisant la disponibilité de la main-d’œuvre agricole et en entravant le transport des intrants et des récoltes. Dans l’Artibonite et le Centre, ces perturbations devraient réduire les superficies cultivées et diminuer les revenus tirés de la production et de la commercialisation agricoles.

LLM / Radio Métropole Haïti

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