
La participation des haïtiens de la diaspora dans le processus électoral demeure un défi pour les divers gouvernements. Depuis une vingtaine d’années le projet d’implication des haïtiens vivant à l’étranger dans les opérations de vote est considéré comme une priorité. Toutefois les divers conseils d’administration de l’organisme électoral n’ont jamais pu atteindre l’objectif fixé.
Cette année le Conseil Électoral Provisoire et le gouvernement de transition ont assuré que tout est mis en œuvre pour la concrétisation de ce rêve. Il ne s’agira pas d’un vote dans toutes les communautés haïtiennes mais d’un projet pilote. Le gouvernement et l’organisme électoral devant utiliser les ressources humaines et matérielles disponibles en priorité pour le territoire national.
Projet pilote
La ministre des affaires étrangères et des cultes, Mme Raina Forbin, fait état d’un ensemble de dispositions adoptées dans les missions diplomatiques en vue de favoriser ce processus. Seules trois communautés seront concernées par ce projet pilote. Les techniciens du Conseil Électoral ont déjà, dans le cadre d’une première évaluation, identifié 6 communautés disposant d’infrastructures pour ce projet. Il s’agit du Canada, des États-Unis, de la France, du Chili, du Brésil et des Bahamas. Ces pays abritent les plus grandes concentrations de la diaspora haïtienne.
Trois d’entre eux seront retenues pour la journée électorale du 13 novembre 2026. La Chancelière annonce qu’une mission d’exploration sera dépêchée dans ces pays à partir de la semaine prochaine. Le CEP et le ministère des affaires étrangères ont réalisé, la semaine écoulée, une séance de travail en vue de peaufiner les divers étapes. La Chancelière s’est gardée de fournir des détails sur le processus redoutant que les informations nuisent à l’intégrité du processus.
Deux mois avant le scrutin le CEP et le gouvernement devront lancer le processus. Un document sur les divers étapes sera communiqué par les autorités électorales haïtiennes. Les fonctionnaires des représentations diplomatiques sont déjà prêts pour le processus, a dit Mme Forbin faisant état de plusieurs séances de travail. Les fonctionnaires devront faciliter le processus électoral dans les missions.
La ministre rappelle que le Premier Ministre, M. Alix Didier Fils Aimé, lors de ses rencontres avec les communautés de la diaspora, a toujours mis l’accent sur la participation dans le processus électoral. Il s’agit d’une grande première ce qui justifie l’enthousiasme des officiels du gouvernement et des conseillers électoraux.
Des doutes persistent
Cependant l’ancien Conseiller Électoral, M. Rosemond Pradel, est plutôt pessimiste. Il exprime ses préoccupations en ce qui a trait aux équipements nécessaires pour la viabilité du processus. Pradel s’interroge notamment sur la capacité de la machine électorale à faire la différence entre les expatriés et les binationaux.
Les binationaux disposent des documents d’identité tout en étant détenteurs de passeports étrangers. M. Pradel reconnaît qu’au cours des deux dernières décennies ce problème n’a jamais été l’objet d’une planification à long terme. Il s’agit du manque de leadership puisque le problème est abordé de manière spontanée à chaque élection et oublié après le processus électoral. M. Pradel se dit favorable au vote de tous les haïtiens mais insiste sur la nécessité pour que le processus soit viable et efficient. Dans le contexte actuel il ne croit pas que les outils nécessaires puissent être mis en place rapidement.
LLM / radio Métropole Haïti

