
Le gouvernement haïtien affiche une ferme détermination pour retrouver la croissance. Les autorités fiscales tablent sur une croissance positive de 0.2% pour cet exercice fiscal. Au début du précédent exercice le gouvernement avait prévu une croissance positive avant de se rétracter en tenant compte de la lenteur dans le rétablissement du climat sécuritaire.
Haïti a connu la huitième année de contraction de son produit intérieur brut (PIB). Le pays a clôturé l’exercice fiscal 2025-2026 avec une croissance négative, (-1.5%). Le déficit budgétaire résultant de la baisse des recettes a été comblé par un financement monétaire de la Banque de la République d’Haïti (BRH) dans le précédent budget. Ce financement monétaire de BRH avait atteint la barre de 16.5 milliards de gourdes au cours de l’exercice fiscal 2025-2026. Pour le nouvel exercice fiscal le gouvernement anticipe de nouveau un déficit budgétaire et envisage un financement monétaire de 4.2 milliards de gourdes.
Créer un climat de confiance
Le document budgétaire de 2026-2027 a été rédigé dans une perspective triennal, explique le Directeur Général du Budget, M. Michel Silin. Si les prévisions de croissance sont de 0.2% pour cette année le gouvernement anticipe une croissance de 0.5 % pour les deux exercices fiscaux suivants.
Le gouvernement envoie ainsi un signal aux opérateurs économiques et aux investisseurs prouvant sa confiance dans la relance de l’économie. Cette relance est étroitement liée au rétablissement du climat sécuritaire dans l’ensemble du pays et principalement dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, qui concentre plus des trois quart des activités financières.
Le ministre des finances, M. Serge Gabriel Collin, souligne que des ressources financières importantes ont été allouées aux institutions en charge de la sécurité publique et nationale.
Renforcer la PNH et les FADH
La PNH et les FADH ont obtenu la plus importante part du budget. Le gouvernement poursuit ainsi le processus de renforcement des capacités opérationnelles de la Police Nationale d’Haïti (PNH) et des Forces Armées d’Haïti (FAd’H). Les forces de Police et armées devront sécuriser les grands axes routiers, intensifier la lutte contre les groupes armés criminels et créer les conditions minimales de reprise de l’activité économique. Récemment 10 blindés avaient été livrés aux FADH et à la PNH. Ces équipements avaient été acquis à partir des fonds du Trésor Public.
Plusieurs spécialistes ont noté des résultats probants suite aux opérations offensives des forces de l’ordre. Selon le rapport du groupe d’experts de l’ONU l’emprise des gangs dans la région métropolitaine est passé de 85% à 70%. Par ailleurs les ressources budgétaires allouées aux FADH et à la PNH permettront de
poursuivre le programme P-4000, visant le recrutement et la formation intensive de 4 000 nouveaux policiers et d’accompagner la montée en charge progressive des Forces Armées d’Haïti dans la perspective de l’objectif de 15 000 soldats sur trois ans. Le ministre des finances est optimiste et s’attend à une reprise graduelle des échanges commerciaux entre les différentes régions. La libération des routes nationales est la première condition à la libre circulation des biens et des marchandises.
Une amélioration de la sécurité publique favorisera la création d’emplois dans l’économie et la venue des investisseurs avec des capitaux frais pour la création de nouvelles richesses, a fait valoir le ministre Collin rappelant que ces activités permettront à l’État de prélever plus d’impôts, de droits et de taxes.
LLM / radio Métropole Haïti

