
L’alerte du ministère du commerce et de l’industrie (MCI) sur les risques élevés de contamination de l’eau de consommation dans la région métropolitaine de Port-au-Prince suscite de multiples réactions de la part des spécialistes et des consommateurs.
L’ancien directeur général de la Direction Nationale de l’eau Potable et de l’assainissement (Dinepa), M. Guyteau Édouard, doute du contrôle de qualité dans les kiosques. En 2018 il avait déjà tiré la sonnette d’alarme dénonçant la prolifération des kiosques et compagnies de traitement d’eau de consommation. Une eau claire n’est pas pour autant propre, dit-il rappelant un vieil adage créole.
M. Edouard explique que la Dinepa s’assure de la qualité de l’eau en réalisant des analyses en laboratoire. Les analyses physiques, chimiques et bactériologiques permettent de détecter la présence d’éventuelles bactéries ou d’autres éléments nocifs, tels les coliformes fécaux.
De plus les laboratoires dans la région métropolitaine et dans les villes de province réalisent un monitoring régulier de l’eau distribuée.
Pas de monitoring de la qualité de l’eau dans les kiosques
M. Edouard reste sceptique sur les analyses et le monitoring de l’eau par les kiosques. Outre la qualité de l’eau, M. Edouard soutient que l’eau commercialisée peut être contaminée lors du processus de transport. Il considère que de nombreux camions ne répondent pas aux normes sanitaires. Le spécialiste alerte également sur le stockage qui peut être cause de contamination. À son avis le sel utilisé dans les centres de stockage est une source de préoccupation.
Une bonne supervision de l’État
M. Edouard appelle à une meilleure régulation du secteur et un monitoring des kiosques. Plusieurs entités étatiques dont les ministères du commerce, de la santé, des travaux publics et la Direction Générale des Impôts (DGI) sont concernés par le processus.
Il insiste sur la nécessité de vérifier les installations des kiosques et des compagnies avant de délivrer les autorisations de fonctionnement . Le ministère du commerce délivre la carte d’identité professionnelle et la DGI la patente . En outre le ministère de la santé doit réaliser un monitoring des équipements d’analyse de la qualité de l’eau.
Appel à des réformes
C’est le monde à l’envers l’eau du robinet serait de meilleure qualité que l’eau vendue au prix fort.
M. Edouard donne la garantie de la bonne qualité de l’eau distribuée par la Dinepa. Toutefois il alerte sur les risques de contamination liés au sabotage du réseau de distribution.
De nombreux résidents de la région métropolitaine de Port-au-Prince se sont résignés à consommer l’eau vendue dans les kioskes.
Il n’y a pas d’alternative, font-ils remarquer pressant le ministère du commerce à adopter des dispositions contre les compagnies et kiosques récalcitrantes.
Ce mardi 10 février 2026 la Direction du Contrôle de la Qualité et de la Protection du Consommateur (DCQPC) débute des discussions avec les compagnies en vue d’un meilleur contrôle de la qualité de l’eau.
LLM / radio Métropole Haïti

