Haïti : l’OEA appelle à l’abrogation d’un décret sur les « crimes de presse »

Le Bureau du Rapporteur spécial pour la liberté d’expression de l’Organisation des États américains (OEA) a exhorté, mardi, les autorités haïtiennes à abroger un décret adopté en décembre dernier relatif aux « crimes de presse », estimant qu’il porte gravement atteinte à la liberté d’expression.

Dans une note rendue publique le 28 janvier 2026, le Bureau, rattaché à la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH), considère que ce texte fragilise le débat démocratique et favorise l’autocensure des médias, par crainte de poursuites judiciaires.

Selon l’instance, le décret, pris par le Conseil présidentiel de transition, érige en infractions pénales certaines formes de critiques à l’égard des autorités publiques. Il vise notamment la diffamation, les injures ainsi que la diffusion d’informations jugées susceptibles de troubler l’ordre public, aussi bien dans la presse traditionnelle que sur les réseaux sociaux.

Le Rapporteur spécial rappelle qu’une presse libre et indépendante est essentielle pour dénoncer les violations des droits humains. Dans le contexte actuel de crise profonde en Haïti, il estime au contraire que les journalistes devraient bénéficier d’une protection renforcée.

Face aux risques que fait peser ce décret sur la liberté d’expression, le Bureau appelle explicitement à son abrogation et demande aux autorités haïtiennes de garantir pleinement ce droit fondamental.

Marvens Pierre

Publicité