
La contamination de l’eau de consommation reste la principale préoccupation du ministère du commerce et des acteurs du secteur. De nouvelles révélations confortent la thèse que ce secteur est en proie à un désordre généralisé.
L’entrepreneur Gaël Pinson, ancien chef pompier de l’aéroport international Toussaint Louverture, tire la sonnette d’alarme révélant que des bouteilles et sachets d’eau de consommation sont réfrigérés dans des installations mortuaires. Des morgues sont utilisées par des personnes sans scrupules pour produire de la glace et de l’eau glacée et ceci depuis plusieurs années. Une telle pratique constitue un véritable problème de santé publique puisque la possibilité de contamination de l’eau par les cadavres en décomposition reste élevée.
De nombreux spécialistes s’interrogent sur les capacités de certaines compagnies à produire de la glace à grande échelle alors que le délestage de l’énergie électrique est la norme dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.
L’eau contaminée cause des pathologies
Cet épineux dossier suscite les réactions d’autres acteurs dont ceux du secteur sanitaire. Docteure Marie Antoinette Gauthier fait état d’une hausse des cas de H. Pilori. Elle confirme que de nombreux internistes ont noté cette hausse inquiétante au cours des derniers mois. À son avis la contamination de l’eau de consommation par les matières fécales est la cause de l’infection de la bactérie hélico bacter pilori. Elle prévient que la maladie peut dégénérer au bout d’une dizaine d’années en cancer de l’estomac.
En outre la spécialiste juge que l’eau commercialisée par les kiosques est dépourvue des oligo-éléments indispensables à une bonne santé.
Des éléments tels le fer, l’iode, le calcium, le phosphore ont été enlevés lors du processus de traitement.
Interrogée sur la possibilité d’ajouter du chlore ou de faire bouillir l’eau, docteure Gauthier émet des réserves faisant valoir qu’il faut ajouter les éléments selon un dosage précis.
Elle presse les instances en charge de surveiller l’innocuité de l’eau à s’acquitter de leur tâche rappelant que le laboratoire national et celui de Tamarinier, à Damien, ont la capacité de réaliser les analyses chimiques, physiques et bactériologiques.
Toutefois le laboratoire Tamarinier est dysfonctionnel en raison de l’extension des gangs dans la zone.
Lors d’une réunion hier les responsables de la Direction du Contrôle de la Qualité et de la Protection du Consommateur (DCQPC) ont accordé un délai de trois semaines aux compagnies et aux kiosques pour se conformer aux normes du secteur de l’eau potable. L’une des premières exigences concerne l’enregistrement et la certification par le ministère du commerce. De plus les entreprises doivent disposer des certificats de d’analyse devant être soumis aux autorités sanitaires.
En ce qui a trait aux kiosques il est nécessaire s’assurer du nettoyage et de la désinfection des citernes ainsi que de la traçabilité du fournisseur.
LLM / radio Métropole Haïti

