La France pas saisie d’une demande de restitution de 21,7 mds de dollars

119

La France n’a jamais été saisie de la demande de restitution de la dette de l’indépendance, estimée à 21,7 milliards de dollars par le président d’Haïti, Jean Bertrand Aristide, a indiqué mercredi le porte-parole du ministère français des affaires étrangères, Hervé Ladsous. « La France n’a été à aucun moment saisie officiellement de cette demande », a déclaré M. Ladsous lors d’un point de presse. « Au demeurant, a-t-il ajouté, la question ne se pose pas, dans la mesure où le dossier de l’indemnisation des anciens colons de la partie française de Saint-Domingue a été réglé par plusieurs traités et conventions conclus au XIXème siècle entre les autorités légales d’Haïti et de la France ». En conséquence, estime le quai d’orsay, « ce dossier est clos depuis 1885 ». Un comité de réflexion sur les relations franco-haïtiennes présidé par l’écrivain français Régis Debray a toutefois été créé. Il a achevé dimanche dernier une mission d’information de huit jours en Haïti. Selon des sources concordantes, ce comité devrait recommander au président français Jacques Chirac un effort accru de l’ancienne puissance coloniale envers Haïti, qui prendrait la forme indirecte d’une réparation de ce contentieux douloureux. M. Aristide a réclamé très précisément en avril dernier à la France 21.685.135.571, 48 dollars en restitution et réparation, sans rendre public le mode de calcul de cette somme. Il avait alors affirmé que cette somme équivalente aux « 90 millions de francs lourds » de l’époque payés au xixème siècle par Haïti à la France en échange de la reconnaissance de son indépendance. Port-au-Prince commémore jeudi le bicentenaire de cette indépendance qui a fait d’Haïti la première république noire de l’histoire. Le président haïtien a invité tous les dirigeants de la planète à participer à cette commémoration. Mais la France a choisi de faire profil bas. Elle sera représentée jeudi à Port-au-Prince par le Président du groupe d’amitié France-Haïti à l’Assemblée Nationale , le député Edouard Landrain. AFP, Paris , 31 décembre 2003.