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Haïti
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Le contrôle des frontières maritimes, un défi pour le gouvernement 

Le naufrage d’une petite embarcation transportant des marchandises sur le trajet Miragoane – La Gonave, le 24 février 2026, témoigne des énormes difficultés auxquelles sont confrontées les autorités haïtiennes à contrôler efficacement le secteur maritime. Le capitaine du navire avait ignoré une interdiction du Service Maritime de Navigation (Semanah), regrette le directeur M. Éric Prévost Junior. L’interdiction était liée au passage d’un front froid sur le pays qui avait provoqué des intempéries. 

Le Semanah est une entité administrative uniquement chargée du contrôle technique des embarcations. L’aspect technique concerne notamment l’état physique des navires et la disponibilité des équipements tels extincteurs et gilets de sauvetage. De plus le Semanah s’assure que les embarcations ne soient pas surchargées.

Toutefois les agents du Semanah ne sont pas armés et ne peuvent en aucun cas contraindre les capitaines des navires à respecter scrupuleusement les interdictions.

Dans les faits ces interdictions s’apparentent à des conseils sauf en cas d’intervention des gardes côtes. 

Les Gardes côtes disposent de la force contraignante

Les Gardes Côtes, entité de la PNH, autrefois la Marine Haïtienne, était attachée aux forces armées d’Haïti (FADH). C’est l’instance en charge de faire respecter les normes édictées par les autorités et de porter secours en cas de naufrage.

Le directeur du Semanah soutient que les deux institutions sont traitées en parents pauvres et ne bénéficient nullement des ressources financières suffisantes pour s’acquitter convenablement de leur mission.

Le Semanah ne peut contrôler efficacement les ports sur l’ensemble du territoire, admet-il. De plus M. Prévost révèle que les Gardes côtes ne disposent que d’environ trois navires pour contrôler l’ensemble des zones côtières et la mer territoriale. 

Il reconnaît que les autorités gouvernementales haïtiennes sont contraintes d’allouer la quasi-totalité des ressources à la guerre contre les gangs. La récupération des territoires perdues demeure la priorité. Toutefois les gangs avaient étendu leur hégémonie sur le littoral et pris le contrôle de plusieurs ports. Plusieurs actes de piraterie avaient été recensés dans le golfe de la Gonave au cours des deux dernières années.

De plus des navires marchands avaient été la cible d’attaques des gangs dans la baie de Port-au-Prince.

Les autorités portuaires avaient finalement acquis des patrouilleurs blindés pour sécuriser le plus grand port du pays.

Au cours des derniers mois les attaques contre des navires au port de Port-au-Prince ont considérablement diminué.

Appel à la vigilance 

Le directeur du Semanah exhorte les capitaines et les marins à respecter les directives. Le naufrage de la petite embarcation transportant des marchandises n’aurait fait qu’un mort. Les autorités avaient lancé des recherches pour retrouver une autre personne portée disparue .

En outre M. Prévost recommande aux passagers et aux utilisateurs du cabotage de s’assurer du respect des directives du Semanah. Les passagers doivent exiger l’autorisation, insiste t-il rappelant que des communiqués sont publiés par l’unité hydro météorologique (UHM). 

LLM / radio Métropole Haïti 

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