
À quelques semaines de l’échéance constitutionnelle du 7 février 2026, date marquant la fin du mandat du Conseil présidentiel de transition (CPT), les initiatives se multiplient pour tenter d’éviter un vide institutionnel à la tête de l’État haïtien.
Deux initiatives distinctes cherchent à définir un nouveau cadre de gouvernance avant l’échéance du 7 février
L’Initiative de la Société Civile (ISC) a présenté une proposition de sortie de crise fondée sur la mise en place d’un nouveau cadre transitoire. Estimant que le CPT n’a pas respecté la feuille de route qui lui avait été assignée, l’ISC suggère la création d’une Assemblée délibérative de 17 membres chargée de piloter la transition politique.
Selon le document soumis, cette assemblée serait composée de représentants de divers secteurs de la société, notamment les partis politiques, le secteur patronal, les syndicats, le secteur paysan, les confessions religieuses, les organisations de femmes et de défense des droits humains. Des délégations régionales du Grand Nord, du Grand Sud ainsi que de la diaspora haïtienne y seraient également intégrées.
L’Assemblée serait appelée à désigner un président provisoire issu de la société civile ou des grands corps de l’État, lequel serait assisté d’un Premier ministre. Ce dernier aurait notamment pour mission d’assurer la continuité de l’action publique, en particulier dans la lutte contre le grand banditisme et l’insécurité.
Parallèlement, la question du remplacement du Conseil présidentiel de transition continue de susciter des débats au sein de la classe politique. Des signataires de l’Accord de Montana ont annoncé la mise en place d’un comité de pilotage chargé de mener des consultations avec les différents secteurs organisés du pays. Cette démarche vise à aboutir, au plus tard le 6 février 2026, à une solution consensuelle de remplacement du CPT.
Cette initiative, baptisée « Conférence des acteurs », ambitionne de définir un nouveau cadre de transition conçu par des Haïtiens et orienté vers la résolution des principaux problèmes du pays. Jean Hénold Buteau, l’un des signataires de l’Accord de Montana, souligne que cette démarche entend proposer une alternative crédible à la gouvernance actuelle.
Dans l’intervalle, il appelle au départ sans condition des membres du Conseil présidentiel de transition ainsi que du gouvernement en place.
Ces différentes propositions illustrent les divergences persistantes entre les forces politiques et sociales sur la voie à suivre pour assurer la continuité institutionnelle et la stabilité du pays à l’approche d’une échéance politique jugée déterminante.







