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19:37

Un spécialiste plaide pour une nouvelle infrastructure sécuritaire 

Le spécialiste en sécurité publique, M. Réginald Delva, liste plus d’interrogations que de réponses en ce qui a trait à l’architecture sécuritaire du pays. Le directeur de l’agence Alerte Haïti est préoccupé par le flou en ce qui a trait aux directives sur la politique publique sécuritaire. L’une de ses principales préoccupations concerne une certaine confusion sur la collaboration entre les forces armées et de Police sur le terrain. L’ex officier des Forces Armées d’Haïti (FADH) révèle que pareille cohabitation n’existe dans aucune doctrine et ne permet pas d’obtenir des résultats concrets.

À son avis les autorités seraient bien inspirées de déterminer le mode de collaboration entre les FADH et la PNH. Il fait valoir que les forces armées ne peuvent, dans les conditions actuelles, réaliser les consolidations requises par les autorités. Il faut redéfinir les tâches pour empêcher toute confusion puisque les entités n’ont pas les mêmes missions.

De plus il questionne la mutation de M. Mario Andrésol du poste de Secrétaire d’État à la Sécurité Publique à celui de ministre de la défense.

Il note que M. Andrésol, qui était le principal conseiller du ministre de la justice, a dû quitter le Conseil Supérieur de la Police Nationale (CSPN). Cette structure est dépassée de l’avis de M. Delva insistant sur la nécessité d’une bonne coordination entre les forces nationales et étrangères sur le terrain. Les menaces et les défis actuels exigent une nouvelle infrastructure, argue t-il.

Nécessité d’un conseil national de sécurité et de défense 

Lex ministre de l’intérieur appelle une fois de plus à la mise en branle du conseil national de sécurité et de défense. À ses yeux le CSPN est dépassé par l’ampleur de la crise sécuritaire. L’intégration des soldats dans le dispositif est la preuve de l’extrême gravité de la situation. Le conseil de sécurité et de défense, prévu par les dirigeants des politiques signataires de l’accord du 3 avril 2024, est l’instance habilitée à définir un plan de sécurité publique et nationale.

Restructurer les renseignements 

M. Delva prévient qu’on ne pourra résoudre la crise sécuritaire sans la mise en place de l’ensemble des structures étatiques du secteur. À cet effet il insiste sur l’urgence de mettre en branle l’agence nationale de renseignements. Ce projet, lancé sous l’administration de M. Jovenel Moise, n’a toujours pas été bouclé par les autorités gouvernementales haïtiennes. Les renseignements constituent un maillon important de la chaîne sécuritaire. M. Delva évoque notamment la nécessité de réaliser des investigations sur les causes des affrontements, du week-end écoulé, entre des gangs rivaux dans le village de Renaissance. Il fait état de rumeurs de distributions d’argents à des groupes qui seraient à l’origine du conflit. L’État n’a aucun intérêt à laisser pourrir la situation parce que ceci entraînera des pertes en vies humaines et des milliers de nouveaux déplacés. 

Interrogé sur les attentes liées à l’arrivée d’un nouveau gouvernement, M. Delva fait note qu’il n’existe pas de période d’observation pour le leadership sécuritaire qui comprend également le Premier Ministre.

LLM / radio Métropole Haïti 

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