Un spécialiste prône l’éducation face au risque sismique

L’éducation est prioritaire pour faire face à la menace sismique, affirme l’ingénieur géologue Jocelyn David.
Selon lui, plus de 250 000 personnes ont perdu la vie lors du séisme du 12 janvier 2010 en raison de la négligence des autorités et de l’ignorance de la population. Il révèle que des responsables gouvernementaux et locaux de l’époque s’étaient opposés à des spécialistes qui mettaient en garde contre l’imminence d’un séisme dévastateur.

M. David estime qu’un tremblement de terre de même magnitude, survenant aujourd’hui, pourrait causer encore plus de pertes en vies humaines et de dégâts matériels. Les constructions anarchiques se sont multipliées et la densité de la population a fortement augmenté, notamment dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.
Il rappelle que les autorités s’étaient montrées surprises par le séisme du 12 janvier 2010, alors qu’il s’agissait pourtant du quatrième tremblement de terre dévastateur ayant frappé la capitale.

La sensibilisation aux aléas sismiques

Les leçons de la catastrophe n’ont pas été tirées, se désole le spécialiste. Il recommande l’adoption d’un nouveau curriculum scolaire afin d’enseigner aux générations futures les risques liés aux aléas sismiques.
Parallèlement, des campagnes de sensibilisation devraient être menées dans les médias pour informer et conscientiser l’ensemble de la population.

La réalisation de simulations dans les écoles et les communautés est indispensable pour préparer les citoyens aux aléas sismiques et environnementaux. Il s’agit d’un système qui doit être mis en place par l’État et qui implique notamment la construction d’édifices publics conformes aux normes parasismiques.
L’ingénieur géologue souligne que les établissements scolaires publics devraient servir de lieux de rassemblement lors des évacuations. Les citoyens doivent se familiariser avec les procédures, dit-il, préconisant au moins trois simulations par an pour chaque type d’aléa.

Un risque sismique toujours élevé

Le spécialiste rappelle que la situation géographique d’Haïti est à l’origine de cette menace permanente. Le pays est situé à la frontière des plaques nord-américaine et caraïbéenne, qui sont en constante interaction. De plus, une fosse sismique se trouve entre Haïti et Cuba.

En 2025, l’Unité technique de sismologie du Bureau des mines et de l’énergie (BME) a enregistré plus de 553 secousses telluriques, allant de mineures à légères. Ces données étaient en baisse par rapport à 2024. Selon M. David, cela pourrait indiquer une certaine stabilisation des plaques, bien que celle-ci puisse s’étendre sur le moyen ou le long terme.

Il regrette toutefois que les autorités haïtiennes accordent peu d’importance à ce secteur. Les recherches sur les ressources minières ne bénéficient pas de financements suffisants, déplore-t-il, révélant que les spécialistes manquent cruellement de moyens.

LLM / Radio Métropole Haïti

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