Appel controversé de Boniface Alexandre à Jean Bertrand Aristide pour dénoncer l’opération Bagdad

Le président provisoire de la République Boniface Alexandre invite l’ex-président Jean Bertrand Aristide à dénoncer publiquement la violence de ses partisans armés dans le cadre de l’Opération Bagdad qui secoue Port-au-Prince depuis le 30 septembre 2004. Dans son discours du 1er janvier 2005, aux Gonaïves, M.Alexandre a dit solennellement tendre la main à M.Aristide, réfugié en Afrique du Sud, pour qu’il se démarque clairement de la violence entretenue par ses sympathisants armés. Parallèlement, le Chef de l’Etat annonce une initiative diplomatique de haut niveau en Afrique du Sud, au Vénézuéla et auprès des pays de la Caricom pour supporter Haïti en lieu et place d’un homme. Les propos du Président suscitent des commentaires divers au sein de la classe politique. Les représentants de l’OPL, du Mochrena, du MPSN et du Groupe des 184 saluent l’initiative diplomatique annoncée. Toutefois, ils estiment que l’appel lancé à Aristide prête à équivoque car il fait du président déchu un élément de la solution. Le professeur Michel Soucard, invité du journal du matin de Radio Métropole de ce mardi 4 janvier 2005, est de cet avis et soutient qu’il s’agit d’un mépris pour ceux qui ont lutté contre Aristide pour les torts causés au pays. M.Soucard croit que le pouvoir intérimaire pave la voie au retour des oppresseurs lavalas. Les propos du professeur Soucard sont qualifiés d’intolérants par le chef du cabinet du Président. Michel Brunache soutient que les propos de M. Alexandre visent à mettre Aristide face à ses responsabilités. M.Brunache souligne que le gouvernement entend toujours mener une action judiciaire contre l’ex-président.

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