
Les organisations humanitaires ne cessent d’alerter sur la détérioration des conditions de vie en Haïti. Le bureau des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), le fonds des nations unies pour l’enfance (UNICEF), l’organisation internationale pour la migration (OIM) et d’autres organisations appellent à l’adoption de dispositions urgentes pour rétablir la sécurité et combattre l’insécurité alimentaire. Les différents rapports font état d’une hausse constante du nombre de déplacés internes.
Dans son dernier rapport concernant le premier semestre de l’année 2026, publié la semaine écoulée, l’UNICEF fait état de 2.5 millions de déplacés dont 750 000 enfants. Au total plus de 2 800 000 enfants ont besoin d’une assistance humanitaire. Par ailleurs 2 088 cas de violations graves des droits des enfants ont été recensés en 2025. Dans ce tableau déjà sombre l’UNICEF estime que plus de 11,550 enfants ont été rapatriés entre janvier et juin 2026. En outre plus de la moitié de la population, 5.8 millions de personnes, sont touchées par une insécurité alimentaire aiguë.
Des centaines de nouveaux déplacés en août 2026
En début de semaine un nouveau cas de déplacement de population a été enregistré dans une section rurale de Saint Michel de L’Attalaye. Les gangs Kokorat sans ras et Gran-Grif ont, au cours de leur offensive, incendié plusieurs maisons. Les habitants ont pris la fuite pour se réfugier dans d’autres quartiers relativement sure.
Entre temps les bandits continuent de perpétrer des exécutions sommaires dans les 4 sections rurales de Gros Morne. Ces régions sont exclusivement sous contrôle des gangs depuis plusieurs mois. De nombreux citoyens ont également fui ces régions. Ces exactions des bandits interviennent une semaine après le début du déploiement de la Force de Répression des Gangs (FRG) dans l’Artibonite. Cependant les unités ne sont pas opérationnelles. Les journalistes sur place ont constaté que les membres de la FRG s’affairent à nettoyer le terrain en vue d’installer leur base. La site était à l’abandon depuis le départ de la MINUSTAH.
Seules les patrouilles de la PNH sont visibles dans la région. Les unités spécialisées avec des blindés contrôlent la route nationale. Toutefois peu de marchands et d’automobilistes osent s’aventurer sur cette route redoutant les enlèvements. Plusieurs cas de kidnapping avaient été rapportés au début du mois lors du retour du gang Kokorat sans ras dans la zone de la croix Périsse. Les commerçants transitent par une route agricole à L’Estère pour réaliser les échanges commerciaux. Les nouveaux déplacements de population à Saint Michel et Gros Morne viennent aggraver la situation.
Parallèlement les perspectives de retour des habitants de Mirebalais, dans le cadre d’une entente avec le chef de gang, se sont amoindries. Certains membres de la commission de la société civile évoquent le désarment de back up Ferrailles comme étant le principal obstacle. Le désarmement de ce groupe d’autodéfense était la condition sine qua none du retrait des bandits et du retour des déplacés.
LLM / radio Métropole Haïti

