
Le restructuration de la Brigade de Surveillance des Aires Protégées (BSAP), qui sera lancée la semaine prochaine, constitue l’aboutissement d’un long processus. Ce processus avait été mis en branle par le Conseil Présidentiel de Transition (CPT ) sous la présidence de M. Fritz Alphonse Jean. Les autorités haïtiennes en 2025 avaient dans un premier temps envisagé l’intégration des membres de la BSAP au sein des Forces Armées d’Haïti. Les agents devraient être regroupés dans une unité de gardes forestiers.
Plusieurs séances de travail avaient eu lieu entre le haut état major des FADH et le directeur de l’agence nationale des aires protégées (ANAP), instance de tutelle de la BSAP. En vue d’implémenter ce programme un processus de certification des membres de la BSAP avait été réalisé. Toutefois les autorités gouvernementales haïtiennes ont finalement opté pour une restructuration de ce corps armé spécialisé dans la protection de l’environnement.
Le directeur de la BSAP, M. Cyprien Richard, explique que l’objectif de ce nouveau processus est de transformer les agents bénévoles en fonctionnaires de l’État. Les agents devront être inscrits dans le registre officiel afin que leurs dossiers puissent être pris en considération. Dans un second temps les agents bénéficieront d’un programme de formation devant les habiliter à s’acquitter convenablement de leur fonction.
Éviter toute politisation
L’objectif des autorités haïtiennes est de reprendre la main au sein de cette institution qui avait été instrumentalisée par des dirigeants politiques. En 2024, au moins 4 agents de la BSAP avaient été tués à proximité de Pétion ville lors d’un accrochage avec une patrouille de la Police.
Toutefois de nombreux agents de la BSAP s’étaient illustrés en combattant dans plusieurs régions aux côtés des forces de Police et des brigadiers pour repousser les assauts des gangs armés. Dans l’Artibonite et le Centre notamment les agents de la BSAP avaient repoussé diverses offensives des gangs. De nombreux spécialistes avaient dénoncé une dérive puisque des agents bénévoles, ayant acheté eux mêmes leurs armes à feu, n’étaient inscrits sur aucun registre de l’État haïtien. La BSAP avait été instrumentalisée pour affaiblir d’avantage un État en faillite face à des offensives de grande envergure des gangs.
Professionnaliser les agents
Le directeur de la BSAP explique que la restructuration permettra de changer le statut des agents, qui seront pris en charge par le budget de l’État, mais aussi de professionnaliser l’institution. 24 thématiques seront prises en compte dans le cadre de la formation des agents.
Parmi les thèmes de cette spécialisation figurent la sécurité nationale et la protection de l’environnement. Après deux semaines de formation en salle de classe et plusieurs jours sur site les agents devront subir une évaluation. Il s’agira pour les formateurs de préparer des paramilitaires qui auront la charge de gérer les 32 aires protégées sur l’ensemble du territoire national.
Outre cette mission principale, les autorités admettent que les agents pourraient, en cas de requête, combattre aux côtés des forces de Police pour protéger les vies et les biens.
LLM / radio Métropole Haïti

