Boniface Alexandre insatisfait de la performance gouvernementale

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Le président provisoire Boniface Alexandre hausse le ton. Le chef de l’Etat exprime son insatisfaction face à la marche de l’équipe gouvernementale. Il l’a dit haut et fort lors de l’installation du nouveau cabinet ministériel, le jeudi 3 février 2005. Le président provisoire a employé un ton qui dicte son état d’esprit.Il a fallu 10 mois à Maitre Boniface Alexandre pour se tailler cette tonalité.Réputé jusque là comme un président qui s’est éclipsé, le Chef de l’Etat par intérim trouve apparemment la formule qui lui convient pour manifester son désaccord avec la gouvernance du pays. Une gestion de l’Etat qui irrite le président provisoire de la République. Son discours témoigne du recul d’un chef d’Etat par rapport à ce qui se passe au niveau de l’administration publique dont il est le garant, selon la constitution haïtienne de 1987. Le ton ferme et l’allure forte, Boniface Alexandre s’attend au redressement de la situation sans autre forme de procès. C’est un donneur d’ordre qui parle, un homme indigné par les cas en cascade de malversations, de corruption au sein de l’administration publique. Sans entrer dans les détails liés au remaniement controversé du cabinet ministériel, Me Alexandre a eu jeudi la posture d’un chef d’Etat jouissant de toute sa latitude à l’égard de la mauvaise gouvernance qu’il déclare constater au niveau de l’appareil étatique. Un désaveu qui n’épargne personne au sein de l’équipe dirigée par Gérard Latortue. Pour exprimer clairement son mécontentement, Boniface Alexandre s’est fait siens les propos du président Dumarsais Estimé, lors de son investiture, le 16 août 1946, où il mettait en garde contre la mauvaise gestion des deniers publics. La note est salée,dirait-on, pour les dignitaires de la transition. Et avec un tel discours, le chef de l’Etat entend sans doute faire passer le message, à savoir qu’il veut assumer pleinement son rôle de président de la République ayant pour mandat de veiller à la bonne marche des affaires de l’Etat, de faire corriger les erreurs ou encore de sanctionner les mauvais élements de la transition.

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