Des avocats de Jean Claude Duvalier critiquent Amnisty international

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Des avocats de l’ancien président haïtien Jean-Claude Duvalier ont interrompu, jeudi à Port-au-Prince, une conférence de presse lors de laquelle des représentants Amnesty International voulaient demander aux autorités haïtiennes de déférer par devant la justice l’ancien président Jean-Claude Duvalier pour les violations des droits humains commises sous son régime entre 1971 et 1986. Les représentants de l’organisme de Defense des droits humains ont été pris à partie par des avocats de Jean Claude Duvalier, dont Osner Févry alors qu’ils présentaient un rapport sur les abus de la dictature, dans une volonté d’accélérer les procédures judiciaires intentées contre «Bébé Doc» pour torture, meurtres et autres crimes. Monsieur Fevry a rappelé que la justice haïtienne ne peut pas poursuivre l’ancien président Duvalier parce que les crimes qui lui sont reprochés sont définitivement prescrits. Le rapport de 40 pages contient des témoignages inédits de dizaines de prisonniers politiques emprisonnés et torturés durant les 15 ans du règne de Jean-Claude Duvalier, de 1971 à 1986. Les trois représentants d’Amnisty international entendent présenter le rapport aux autorités haïtiennes et aux diplomates en poste à Port-au-Prince pour tenter d’accélérer l’enquête et les poursuites intentées en janvier, quelques jours après le retour surprise de Duvalier en Haïti. Mais avant même qu’ils aient commencé à parler, une vingtaine de partisans de l’ancien dictateur sont entrés dans la salle de conférence de l’hôtel Le Plaza, qualifiant les représentants d’Amnisty internationale d’«impérialistes» venus semer la discorde dans le pays. Parellelement, une dizaine de victimes de la dictature et leurs proches étaient présents à la conférence pour décrire les sévices qu’ils ont subis, mais ils ont quitté la salle à cause de l’intimidation, a indiqué M. Burke. À l’extérieur de l’hôtel, dans le centre de Port-au-Prince, certains manifestants ont défilé avec des crânes et des fémurs qui, ont-ils dit, appartenaient à des membres de la milice de Duvalier persécutés après la fuite en exil du dictateur. Les ossements sont des preuves des crimes commis après la chute de Bébé Doc, ont-ils affirmé. L’avocat de l’ancien dictateur, Reynold Georges, a estimé que les enquêteurs d’Amnisty international avaient ignoré pour des motifs politiques les crimes commis après la fin de la dictature. «Duvalier est persécuté dans son propre pays», a dit Me Georges. «J’ai un client à défendre, que ce soit au tribunal ou ailleurs.» Le rapport d’Amnisty international exhorte les autorités haïtiennes à admettre la responsabilité des graves violations des droits de la personne commises dans le passé, et appelle le président Michel Martelly, en tant que chef de l’État, à adresser des excuses publiques aux victimes. Le rapport appelle aussi à la tenue d’une enquête approfondie sur les crimes de la dictature, et demande de fournir une aide juridique aux plaignants. EJ/Radio Métropole Haïti

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