Des responsables s’opposent à l’idée d’intégrer des magistrats étrangers dans le système judiciaire haïtien

121

Le président de la Commission justice du Sénat de la République s’oppose au projet du chef de la Minustah ( Mission des Nations Unies pour la stabilisation d’Haïti), Edmond Mulet, d’intégrer des juges étrangers dans le système judiciaire haïtien. Le sénateur Youri Latortue qui estime prioritaire le respect de la souveraineté nationale dénonce « une trop forte ingérence de la Communauté internationale dans les affaires haïtiennes. Le parlementaire pense que les magistrats haïtiens peuvent garantir le bon fonctionnement de l’appareil judiciaire. Le Réseau national de défense des droits humains (RNDDH) s’oppose également à toute mise sous tuelle de l’appareil judiciaire haïtien. Dans un communiqué publié en date du 30 mai 2006, le RNDDH plaide en faveur du respect de l’indépendance du pouvoir judiciaire.Le ministre de la justice Henry Marge Dorléans ne partage pas l’idée du nouveau responsable de la Mission onusienne en Haïti, Edmond Mulet, qui plaide en faveur de l’intégration de magistrats étrangers dans le système judiciaire haïtien. »Il s’agit d’une fausse solution à un vrai problème », indique le titulaire haïtien de la justice. Il soutient que la solution à ce problème tient en deux mouvements parfaitement synchronisés: « rendre attrayante la situation des juges et organiser la police judiciaire ».Le nouveau chef de la MINUSTAH ( Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti), Edmond Mulet, qui prendra ses fonctions cette semaine, souhaite bénéficier de pouvoirs accrus et intégrer des magistrats étrangers francophones dans le système judiciaire haïtien. M. Mulet annonce qu’il va, en ce sens, négocier avec les nouvelles autorités du pays, selon une dépêche de l’AP . »En août, on va renouveler le mandat de la Mision et ce dont il s’agit maintenant, c’est d’aller vers l’élargissement du mandat …l’objectif est de transformer cete présence de sécurité et de stabilisation en quelque chose centré purement sur le développement », a déclaré l’ambassadeur Edmond Mulet. Le diplimate estime que la révision du mandat de la MINUSTAH est « obligatoire » pour qu’elle accomplisse des tâches de développement.  » La transition vers une force internationale de reconstructionn et de développement ne se fera pas sans l’amélioration des conditions de sécurité », a-t-il laissé entendre.