Deux (2) ans de crise politique et toujours pas d’issue ; Colin Powell déçu de la performance du gouvernement Aristide

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L’impasse politique entre dans sa deuxième année durant ce mois de mai. La crise a débuté après la tenue du scrutin législatif et local du 21 mai contesté par l’Opposition et l’Orgganisation des Etats Américains (OEA) qui a donné une large victoire au parti au pouvoir Fanmi Lavalas. Depuis, les négociations n’ont pas cessé de marquer le pas et les évènements du 17 décembre 2001 ( attaque du Palais Présidentiel par des inconnus armés et incendie des locaux des principaus partis de l’Oppositiont par des proches du pouvoir ) sont venus jeter de l’huile sur le feu. L’OEA, à travers sa commission d’enquête, est à pied d’oeuvre et l’attente est de rigueur. Depuis l’arrivée des missions de l’OEA en Haïti, un calme apparent règne au niveau de la classe politique . Les interminables négociations sont plus que jamais en veilleuse après le 17 décembre et font place à l’enquête de l’organisation hémisphérique qui travaille en toute tranquilité, loin de la presse. Toutefois , ce climat d’apaisement n’est qu’un trompe-l’oeil car, la Convergence qui n’a pas donné signe de vie depuis sa manifestation du 22 mars dernier se trémousse dans la province et annonce un rebondissement. Micha Gaillard de la Convergence annonce la préparation d’un vaste mouvement de mobilisation contre le pouvoir Lavalas . “Nous avons deux (2) outils: la mobilisation et les négociations”, répète l’Opposition. Cette approche de la Convergence est un sujet de polémique avec le Rassemeblement des Démocrates Nationaux Progressistes (RDNP) de Lesly François Manigat qui s’est récemment retiré de la principale coalition de l’Opposition . Lavalas de son côté prêche l’apaisement, le président du 26 novembre Jean Bertrand Aristide en a parlé en marge de sa récente rencontre avec le chef de la mission technique de l’OEA, David Lee. “ Nous avons tout fait déjà pour ce climat, pour la reprise des négociations, pour un accord” a déclaré le nouveau chef a.i. de Fanmi Lavalas Jonas Petit. “Nous avons remis en question l’ensemble des élections du 21 mai 2000, pierre d’achopement entre nous et l’Opposition”, a-t-il ajouté. Mais il se pose un problème de calendrier de départ, Jonas Petit précise que le parti au pouvoir ne peut pas demander à ses élus de laisser leur poste du jour au lendemain. Pendant ce temps, l’Organisation du Peuple (OPL) en Lutte dénonce la persistance du climat de répression contre ses membres dans la ville de Cavaillon dans le Sud. Lors d’un point de presse , le lundi 6 mai, le chef de l’OPL, Gérard Pierre Charles , a vigoureusement critiqué le régime Lavalas. Dans l’intervalle, le secrétaire d’Etat américain, Colin Powell , a exprimé sa déception face à la situation en Haiti . Le chef de la diplomatie américaine qui s’exprimait le lundi 6 mai 2002 à l’occasion du discours annuel devant le Conseil des Etats des Amériques à Washington dit noter que très peu de progrès ont été réalisés dans les domaines politique et économique par le gouvernement du président Aristide . M. Powell a indiqué que l’administration de Jean-Bertrand Aristide est loin de favoriser un environnement démocratique marqué par une compétition politique qui pourrait rendre possible le développement économique et le respect des droits civils et humains .

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