Justice pour le président Jovenel Moïse et la formation d’un nouveau gouvernement sans Ariel Henry, réclame Martine Moïse

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Lors de sa rencontre avec le secrétaire général de l’Organisation des États Américains (OEA), Luis Almagro, le mercredi 14 juin 2023, l’ex-Première dame Martine Moïse a sollicité l’aide de l’organisation pour demander à l’ONU de créer un tribunal spécial international similaire à celui établi après l’assassinat du Premier Ministre libanais Rafiq Hariri afin de faire la lumière sur l’assassinat du président Jovenel Moise. L’épouse du président défunt croit parallèlement que la résolution de la crise haïtienne doit passer par le choix d’un nouveau Premier Ministre et d’un Gouvernement de consensus.

Le 7 juillet marquera le deuxième anniversaire de l’assassinat de Jovenel Moïse, et sa veuve estime que l’affaire n’a pas avancé comme il aurait dû, elle invite donc le chef de l’OEA à exercer davantage de pression tout en souhaitant une meilleure collaboration des Nations Unies, des États-Unis, de la Colombie et de la République Dominicaine pour appréhender les principaux assassins du président Moïse, qui courent toujours.

Cette réunion qui s’est tenue au siège de l’institution à New York a également été l’occasion pour Mme Moïse d’aborder d’autres sujets concernant Haïti. Elle estime, par exemple, que si les forces armées d’Haïti et la police disposent d’équipements militaires et d’armes appropriées, elles seront en mesure de démanteler les gangs qui sévissent sur le terrain. Elle insiste sur le fait qu’Haïti n’a pas besoin d’une intervention militaire étrangère, faisant référence à la précédente intervention qui a duré treize ans (2004-2017) et qui a été catastrophique. Selon Mme Moïse, la résolution 2653 sur les sanctions n’a jusqu’à présent touché que 5% des oligarques et politiciens responsables de la création des gangs depuis 2017.

Martine Moïse est d’avis que l’application de la résolution 2653 et des sanctions bilatérales ne doit pas être motivée par des règlements de comptes et des luttes d’influence. Elle affirme que la résolution de la crise haïtienne passe par la nomination d’un nouveau Premier ministre et d’un gouvernement de consensus, dont les membres ne sont pas impliqués dans l’assassinat du président Jovenel Moïse et les activités des gangs.

En raison de l’absence du parlement, la constitution d’Haïti interdit la nomination d’un président provisoire avant les élections. Elle demande également un renforcement des dispositifs de l’OEA en prévision de la saison cyclonique mouvementée de 2023, car le peuple haïtien aura besoin d’assistance. Elle suggère que l’OEA renforce sa stratégie pour faire face aux catastrophes naturelles dans les Caraïbes.

Marvens Pierre

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