La Convergence optimiste en dépit des réticences au sein de l’OEA à son plan de sortie de crise

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“La Résolution de l’Organisation des Etats Américains (OEA) ne peut être favorable à ceux qui ont violé les règles du jeu démocratique et défavorable à ceux qui luttent pour l’instauration d’un Etat de droit en Haïti”, c’est qu’a laissé entendre le professeur Gérard Pierre Charles, dans une interview accordée à Radio Métropole ,le mardi 30 juillet 2002. Le responsable de la Convergence Démocratique réagissait ainsi à la lettre du président du Conseil Permanent de l’OEA, Roger Noriega, adressée à l’Opposition sur la tendance majoritaire au sein de l’organisation régionale relative à sa proposition de sortie de crise . M. Pierre Charles se dit confiant quant à la position des pays membres de l’Organisation des Etats Américains qui ont dénoncé, à plusieurs reprises, les fraudes enregistrées lors du scrutin du 21 mai 2000. “La Résolution de l’OEA sur la crise haïtienne devra tenir compte des propositions faites par la Fanmi Lavalas et la Convergence Démocratique et des critères définis par l’organisation régionale”, soutient le professeur Gérard Pierre Charles qui croit qu’un accord politique est encore possible. Dans la proposition de sortie de crise soumise à l’OEA, le 11 juillet dernier et confirmée par une nouvelle lettre au président du Conseil Permanent en date du 23 juillet , la Convergence qui réclame le poste de premier ministre pose des conditions pour la tenue d’élections crédibles en Haiti. Pour le principal regroupement de l’Opposition , il faut: 1- Un engagement clair dans la voie démocratique avec l’application de la Résolution 806 de l’OEA ainsi que des recommandations de la Commission indépendante d’enquête sur les événements du 17 décembre 2001. 2-Un CEP de consensus, indépendant, qualifié inspirant le respect et procédant dans al transparence à la mise sur pied duquel nous sommes disposés à apporter une contribution. 3-Un environnement politique propice à la tenue de nouvelles élections, qui garantira l’équilibre des conditions aux secteurs en compétition 4-Un gouvernement de consensus susceptible de rassurer les partis politiques et les citoyens quant à sa volonté démocratique et à son engagement à la réalisation d’élections crédibles. 5-Une administration publique au service de tous et n’interférant pas dans les élections. 6- Une réforme de la police, la dépolitisant et la professionnalisant lui permettant d’inspirer confiance quant à son impartialité et son efficacité. 7-Un soutien technique et économique au processus électoral. 8-Une participation internationale à l’observation des élections. 9-L’implication pratique de la Communauté internationale dans le processus de mise en application de cet Accord. Dans une lettre adressée au directoire de la Convergence en date du 26 juillet 2002, le président du Conseil Permanent,l’ambassadeur américain, Roger Noriega, indique que bon nombre de pays affirment que les demandes de l’Opposition ne concordent pas avec le mandat de l’OEA. Dans cette correspondance, M. Noriega dénonce le manque de flexibilité de la Convergence et indique que l’organisation hémisphérique est obligée d’accompagner le gouvernement haitien dans l’exécution des engagements pris par le président Aristide dans sa lettre adressée à l’OEA ,le 9 juillet dernier. Le 9 juillet dernier, le président Jean Bertrand Aristide avait, par lettre ,fait part de son accord avec le projet d’accord initial élaboré par le numéro 2 de l’OEA, Luigi Einaudi. Ce document prévoit la reconnaissance du président Aristide par l’Opposition et la tenue de nouvelles élections législatives et locales pour mettre fin à la crise vieille de plus de deux (2) ans. De plus , dans cette corresponsance adressée au secrétaire général adjoint de l’OEA ,Luigi Einaudi et au ministre des affaires étrangères de Sainte Lucie , Julian Hunte , M. Aristide a affirmé que  » le Gouvernement haïtien s’engage solennellement à continuer à mettre en œuvre les dispositions des résolutions 806, 1831 et 1841 adoptées par l’OEA « . La Convergence Démocratique exige notamment l’application de la Résolution 806 qui prévoit entre autres le châtiment des auteurs des violences du 17 décembre 2001 (attaque du Palais Présidentiel par des inconnus armés et incendie des locaux des principaux partis de l’Opposition par des proches du Pouvoir Lavalas) avant de signer un accord politique avec la Fanmi Lavalas . Le Conseil Permanent de l’OEA doit se réunir le vendredi 2 août 2002 sur la crise électorale haitienne .