
Les cultivateurs de la péninsule Sud sont alarmés par les conséquences d’une longue période de sécheresse. L’absence d’averses au cours des 5 derniers mois a provoqué d’importantes pertes de récoltes. Des leaders de la société civile redoutent une décapitalisation de la classe paysanne associée à une paupérisation accélérée de la majorité de la population.
Cette période de sécheresse inhabituellement longue est liée au phénomène El Nino et aux changements climatiques, affirment des experts. Plusieurs organisations internationales ont lancé des appel à la mobilisation de fonds pour venir en aide aux classes paysannes.
Le 3 septembre 2026 l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) avait lancé un appel de 110 millions de dollars américains pour protéger 4,9 millions de personnes contre les effets potentiellement graves du phénomène El Niño 2026–2027 en cours de formation, notamment la sécheresse, les inondations et les épisodes de chaleur extrême.
De lourdes conséquences économiques
Les producteurs de la péninsule Sud sont doublement pénalisés puisque le blocage de la route nationale numéro 2 les empêchent d’acheminer leurs denrées dans la capitale. De plus la baisse de la production agricole provoquera une hausse des prix des produits de premières nécessités dans la région.
Les prix avaient déjà connu des hausses exponentielles à cause des nombreux postes de péages érigés par les groupes armés sur la route nationale. La longue période de sécheresse a atteint plusieurs autres départements dont l’Ouest et l’Artibonite. De nombreux cultivateurs ont rapporté des pertes énormes de récoltes.
Dans les mornes surplombant la capitale des cultivateurs ont perdu des récoltes de maïs et d’haricots. Dans son dernier rapport, publié début septembre 2026, la Coordination Nationale de la Sécurité Alimentaire (CNSA) avait estimé que les perspectives de récolte demeurent globalement satisfaisantes dans les régions ayant bénéficié de conditions pluviométriques favorables.
Toutefois tenant compte du contexte climatique régional la CNSA avait recommandé une vigilance accrue et un suivi régulier des conditions agro climatiques afin d’anticiper les impacts potentiels sur la production agricole, les moyens d’existence des ménages ruraux et la sécurité alimentaire.
Assistance aux cultivateurs
Le gouvernement s’évertue à apporter une assistance aux cultivateurs. Le ministre de l’agriculture des ressources naturelles et du développement rural (MARNDR), l’agronome Marcelin Aubourg, s’est dit conscient des conséquences de la longue période de sécheresse. Il annonce que son ministère entend poursuivre le programme d’installation de pompes d’irrigation dans les régions. Il souligne que la relance agricole passe par l’irrigation des terres afin d’optimiser la production. Actuellement la majorité des cultivateurs ne basent leur récoltes que sur les précipitations.
Le ministre a effectué la semaine écoulée une tournée dans plusieurs communes des départements de la Grand Anse et du Sud afin de distribuer des équipements et matériels aux associations de pêcheurs. 72 bateaux de pêche ainsi que des kits de pêche et d’entretien ont été distribués aux associations. Ce programme, lancé en 2018, permet de renforcer la capacité des pêcheurs qui pourront s’aventurer jusqu’à 13 kilomètres.
LLM / radio Métropole Haïti

