Le prix Robert F. Kennedy décerné à Sonia Pierre, Dominicaine d’origine haïtienne

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Le département d’État des États-Unis s’est félicité du fait qu’un grand organisme de défense des droits de l’homme avait décerné à Mme Sonia Pierre son prix annuel des droits de l’homme pour ses services en faveur des habitants d’origine haïtienne de la République dominicaine. Dans un communiqué diffusé le 17 novembre, le secrétaire adjoint à la démocratie, aux droits de l’homme et au travail, M. Barry Lowenkron, indique qu’il était bon que le Centre RFK ait rendu hommage à Mme Pierre pour  » ses efforts désintéressés visant à défendre les droits des Dominicains d’origine haïtienne ». Elle est, a-t-il ajouté, une personne qui défend avec courage les droits de l’homme et qui a consacré sa vie à veiller à ce que la justice règne pour tous. Les États-Unis soutiennent fermement les défenseurs des droits de l’homme dans le monde entier, ces hommes et ces femmes extraordinaires qui, souvent au risque de leur vie, font avancer la cause de la liberté. « De son côté, le directeur des affaires caraïbes du département d’État, M. Brian Nichols, a déclaré, le 15 novembre, après s’être entretenu avec Mme Pierre au département d’État, que le gouvernement des États-Unis partageait un grand nombre des objectifs de Mme Pierre et qu’il la félicitait pour son grand courage tant moral que physique.Les États-Unis, a-t-il dit, « s’inquiètent au sujet des plaintes relatives à la discrimination et à l’apatridie des personnes d’origine haïtienne en République dominicaine. Nous continuons de faire part de nos préoccupations aux autorités dominicaines et de les souligner dans nos rapports annuels sur les droits de l’homme. Nous sommes aussi en faveur de l’accroissement de la coopération entre les Dominicains et les Haïtiens de manière à faire face aux problèmes en matière de développement durable. » Pour sa part, Mme Pierre a déclaré, le 15 novembre,  » Pour nous, le droit d’avoir un nom légal et une nationalité signifie beaucoup de choses : le droit de faire des études, le droit de recevoir des soins médicaux et le droit de vivre. Sans aucune sorte de pièce d’identité, nous pouvons être expulsés arbitrairement  » du pays à tout moment.  » En fait, nous sommes considérés comme des personnes invisibles  » en République dominicaine. Lors d’une cérémonie organisée le 17 novembre au Capitole, siège du Congrès, le Robert F. Kennedy (RFK) Memorial Center for Human Rights (Centre RFK) a remis ce prix à Mme Pierre en reconnaissance de tout ce qu’elle avait fait afin de défendre les droits des immigrés haïtiens en République dominicaine et de leurs descendants qui se heurtent à une discrimination et à une intolérance profondes dans ce pays du bassin caraïbe. Selon ce centre, de nombreux immigrés haïtiens demeurent pratiquement apatrides, ce qui donne à l’État dominicain un argument pour les priver de leurs droits. Selon le Centre RFK, dont le siège est à Washington, Mme Pierre, qui est à la tête du Mouvement pour les Dominicaines d’origine haïtienne, a commencé à s’intéresser à la question des droits de l’homme en 1976, à l’âge de treize ans. Ses travaux ont porté sur des questions telles que l’absence d’acte de naissance et de droits liés à la nationalité pour les femmes et les enfants d’origine haïtienne en République dominicaine.