Les donateurs internationaux au chevet d’Haïti

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Une réunion internationale de donateurs se réunit jeudi à Madrid au chevet d’Haïti pour coordonner et s’efforcer de contrôler l’aide financière au pays le plus pauvre du continent américain. Quelque 90 délégations sont attendues dans la capitale espagnole où le Premier ministre haïtien Jacques Edouard Alexis conduira une importante délégation ministérielle. Ce genre de réunion a lieu environ tous les six mois, depuis la première du genre organisée à Washington après l’éviction du président Aristide en février 2004, dans un climat de violences et de chaos. Le groupe des donateurs sera emmené par les Etats-Unis, le Canada, la France, le Japon et la Norvège, et les grands bailleurs de fonds internationaux: Fonds monétaire international (FMI), Banque mondiale (BM), ainsi que la Commission européenne. Le Premier ministre haïtien a estimé mercredi à Madrid que son gouvernement devait assumer la gestion de l’aide internationale qui afflue en ordre dispersé dans son pays. « Aujourd’hui ce qui se passe c’est que chaque partenaire a son petit drapeau pour montrer à tout le monde ce qu’il est en train de faire en Haïti », a déploré M. Alexis. Consciente du problème, la Commission européenne a annoncé le 22 novembre qu’elle avait choisi Haïti comme « pays partenaire pilote » d’une nouvelle stratégie de programmation commune visant à éviter à Port-au-Prince d’avoir à « discuter avec chaque donateur et à suivre des règles propres à chaque donateur ». Mais la préoccupation de ces derniers est aussi de veiller à l’utilisation rationnelle et efficace de la manne en la coordonnant et en définissant des outils de contrôle. Haïti est en effet le pays le plus corrompu de la planète, d’après le classement 2006 de l’organisation Transparency international. Haïti figure au 153e rang sur 177 de l’indice de développement humain du PNUD. Le chômage y touche 70% de la population active. Le revenu annuel par habitant plafonne à l’équivalent de 346 dollars et 60% des Haïtiens vivent avec l’équivalent de moins d’un dollar par jour. La dette extérieure du pays dépasse le milliard de dollars. La question de l’effacement de la dette d’Haïti « sera également l’un des thèmes centraux » de la conférence de Madrid, ont fait savoir la BM et le FMI. Les bailleurs de fonds internationaux soulignent la nécessité d’accompagner les « importantes réformes économiques » entreprises par le gouvernement haïtien.