L’enlèvement du journaliste de Caraïbes F.M. est de nature politique, s’inquiète l’AJH. L’ANMH regroupant les patrons de presse réclame justice

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L’Association des Journalistes Haïtiens (AJH) est très inquiète après le récit de Israël Jacky Cantave sur les circonstances de son enlèvement et le comportement des assaillants. L’AJH estime qu’il s’agit d’un acte politique et réclame de la protection pour les travailleurs de la presse. Le secrétaire général de l’AJH, Guyler C. Delva , rappelle qu’ il y a deux (2) ans , le célèbre journaliste commentateur de Radio Haiti Inter , Jean Léopold Dominique , a été fauché et la presse de même que sa famille continuent de réclamer justice. M. Delva poursuit qu’il y a sept (7) mois, le directeur de la salle des nouvelles de Radio Echo 2000 à Petit-Goave , Brignol Lindor, a été lynché par des membres d’une Organisation Populaire (OP) Lavalas dénommée « Domi Nan Bwa » et ses assassins continuent de circuler librement en toute impunité. Joseph Guyler C. Delvas a présenté ce sombre tableau pour souligner la situation lamentable de la presse dont la liberté est plus que menacée de nos jours. De plus , souligne le confrère, à Petit Goave, à Jérémie et dans d’autres villes du pays, plusieurs plaintes déposées sont encore en souffrance et des magistrats ont choisi délibérément de n’accorder aucune suite à tout dossier traitant des menaces ou tout simplement des brutalités dont des journalistes sont l’objet. Guyler C. Delva se base sur l’interrogatoire que le journaliste Israel Jacky Cantave et son ami Frantz Ambroise ont subi pour donner une couleur politique comme motivation à l’enlèvement du reporter et présentateur. « Pour qui travaillez vous ? Lavalas, la Convergence ou la CIA (service de renseignements américain )?  » . Ces questions sont évocatrices de cette motivation politique, explique le secrétaire général de l’AJH. La presse vit dans l’inquietude, la peur s’installe dans les coeurs , des journalistes haitiens indépendants sont traumatisés avec l’enlèvement du confrère de Radio Caraibes. D’aucuns se demandent perplexes si leur tour n’est pas pour bientôt d’autant que rien n’est fait de la part des responsables pour mettre fin à l’impunité. Guyler C. Delva formule le voeu de voir un plan de sécurité pour la presse en général. Tout en applaudissant les discours tenus par les autorités gouvernementales à l’annonce de la nouvelle, le dirigeant de l’AJH dit vouloir maintenant des actes en lieu et place des manifestations de bonnes intentions. L’Association Nationale des Médias Haïtiens (ANMH) se dit soulagée après la libération du journaliste de Radio Caraïbe Israël Jacky Cantave et de son ami Frantz Ambroise, enlevés par des inconnus armés dans la nuit du 15 juillet, à Delmas 19. “ Cet acte odieux a jeté l’émoi et la consternation au sein de la corporation qui a vécu une journée angoissante”, déplore l’ANMH dans une note publiée le mercredi 17 juillet 2002 .  » Les menaces de mort proférées contre le journaliste Israël Jacky Cantave dans le cadre de l’exercice de sa profession et son enlèvement confirment une volonté de plus en plus affirmée de remettre en cause la liberté de la presse  » ,dit l’ANMH qui réclame une enquête sérieuse par les autorités concernées afin d’aboutir à l’arrestation des auteurs de ce crime pour que justice soit rendue.  » La mobilisation constatée, le mardi 16 juillet 2002, dans les médias dont les membres de l’ANMH et dans les autres secteurs de la presse et de la société civile démontre une fois de plus que notre solidarité dans la défense des libertés publiques peut faire reculer l’horreur  » , conclut la note des patrons de presse.

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