Les anciens militaires du Nord déposent les armes

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Les militaires démobilisés du Nord décident de se retirer de la prison civile du Cap-haïtien qui leur servait de base depuis les évènements de 2004 qui ont conduit à la chute du régime lavalas. Une cérémonie symbolique de remise de sept armes à feu s’est déroulée, le dimanche 13 mars 2005, au Cap-haïtien en présence du Premier ministre Gérard Latortue et du chef de la Minustah Juan Gabriel Valdez. Les militaires du Nord, environ 200, ont accepté de réintégrer la vie civile ou de prendre part à la police nationale. Pour le commandant de ce groupe, Emmanuel Michel Dieuseul, qui a contribué à la chute du régime lavalas, la décision de remettre les armes aux autorités du pays témoigne de ce qu’il appelle la volonté de collaborer pour le changement d’Haïti. Selon l’ancien sergent des FAD’H qui dirigeait les militaires démobilisés du Nord, une grande partie de leurs armes sont détenus par Ravix Rémissainthe dans le Plateau Central. L’ex-caporal Ravix Rémissainthe est recherché par le gouvernement intérimaire pour sa participation présumée dans le meutre de 4 policiers à Port-au-Prince, le 6 février dernier. Emmanuel Michel Dieuseul invite les autres membres des FAD’H à travailler pour la paix. Pour sa part, le Premier ministre haïtien exhorte les militaires démobilisés à prendre le chemin du dialogue. Dans le cas contraire, l’Etat entend faire appliquer la loi, prévient Gérard Latortue. Ce même message est repris par le ministre de la justice et de la sécurité publique. Bernard Gousse menace de passer à l’action contre tous ceux qui refusent de déposer les armes. Les militaires démobilisés de la deuxième ville du pays sont désormais sous la responsabilité du bureau de gestion du dossier des FAD’H pour les suites nécessaires. Ils ont été conduits à Port-au-Prince. Cette action du gouvernement et des ex-militaires du Nord survient peu de temps après la formation de la commission nationale de désarmement et à un moment où le Conseil de sécurité de l’ONU vient d’exprimer des inquiétudes relatives au retard enregistré dans le processus de désarmement en prévision des élections générales de la fin d’année.

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