
Les conséquences d’El Nino sur l’agriculture haïtienne ont déjà pris une grande ampleur. Dans la péninsule sud l’insuffisance des précipitations a provoqué d’importantes pertes de récolte.
Les agriculteurs et les entrepreneurs des départements du Sud, du Sud-est, de la Grande Anse et des Nippes ne sont pas au bout de leur peine puisque le météorologue Rudy Victor annonce que les conséquences du phénomène climatique se prolongeront au cours des deux prochains mois.
La péninsule Sud d’Haïti est la région régulièrement affectée par l’impact d’El Niño.
Les conséquences sont catastrophiques à cause de la vulnérabilité de l’environnement mais également en raison de l’intensité d’El Nino au cours de cette année.
Les spécialistes notent que l’envergure d’El Nino est plus imposante comparée aux années précédentes. C’est un El Nino historique, s’inquiète M. Victor rappelant que toute la région Amérique du Sud est concernée. Les conséquences d’El Nino dans les petites Antilles sont également considérables.
Toutefois M. Victor fait remarquer que certaines villes côtières d’Haïti ont pu trouver une échappatoire puisque les brises de mer ont souvent provoqué de faibles averses.
Au cours des prochaines 72 heures des averses sont prévues sur la péninsule sud mais elles ne seront pas intenses. Cette faible pluviométrie, liée au passage d’une onde tropicale, ne pourra pas réparer les dégâts enregistrés.
Diminution des cyclones
Le spécialiste fait valoir que ce phénomène tant redouté comporte toutefois des aspects positifs. El Nino empêche la formation de cyclone dans l’Atlantique. C’est la première fois en 112 ans qu’aucun cyclone n’a été enregistré dans la région au cours d’une saison. C’est un El Nino classique qui s’étend notamment sur la partie occidentale de l’Amérique du Sud tout en renforçant ces tensions sur la Caraïbes et l’Atlantique.
Le spécialiste note que si les conséquences sont graves le phénomène est prévisible sur une longue période.
Retour des précipitations en hiver
M. Victor attire l’attention sur la deuxième phase d’El Nino. Ce sera pratiquement le revers de la médaille puisqu’une période d’averses plus ou moins intense suivra la longue période de sécheresse du printemps, de l’été et de l’automne. Début hiver devrait favoriser le retour des précipitations plus précoces sur la région septentrionale et la péninsule Sud.
De l’avis du spécialiste ces précipitations résultent de la hausse des fronts dans la région.
Par ailleurs les températures élevées devraient continuer en octobre 2026. Il est vrai que les rayons du soleil sont moins directs début hiver mais d’autres conditions maintiendront une température élevée. C’est le cas notamment de la sécheresse du sol après El Nino et des constructions en béton dans les villes.
Toutefois une légère baisse dans le thermomètre peut être envisagée comparée à juillet 2026.
LLM / radio Métropole Haïti

