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Les sages-femmes, pierre angulaire de la santé maternelle

La diminution de la mortalité maternelle constitue l’un des axes prioritaires des autorités sanitaires haïtiennes et des acteurs du système de santé. Au cours des dernières années, de nombreux spécialistes ont régulièrement mis l’accent sur la nécessité d’un meilleur accès aux soins de santé afin de réduire considérablement le nombre de décès liés aux accouchements. À cet effet, le rôle des sages-femmes est désormais primordial dans la mise en œuvre des programmes visant à améliorer l’accès aux soins de santé maternelle.

La directrice exécutive de l’Association des sages-femmes d’Haïti, Mme Jephtanie Mathurin, plaide pour une meilleure reconnaissance des compétences des sages-femmes.

Cette valorisation implique notamment l’adoption d’un statut légal et l’octroi de rémunérations appropriées. Récemment, le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) a entrepris de définir un cadre légal pour la formation ainsi qu’une grille salariale.

Une solide formation académique

Dans les faits, les sages-femmes sont incontournables dans les structures hospitalières et apportent leur expertise dans la prise en charge des femmes enceintes. Mme Mathurin salue les efforts du ministère de la Santé, mais insiste sur la nécessité de renforcer la formation académique. À ce jour, il n’existe qu’une seule école de sages-femmes reconnue par l’État.

Les sages-femmes sont des professionnelles de santé ayant achevé un cycle de formation académique. Elles ne doivent pas être confondues avec les matrones, plus communément appelées « femmes sages », qui pratiquent la médecine traditionnelle. Mme Mathurin encourage le projet de création de deux autres pôles de formation de sages-femmes dans le Sud et le Nord. Il s’agit de redynamiser la troisième profession du secteur sanitaire, après celles de médecin et de dentiste.

300 sages-femmes sur l’ensemble du territoire

Les dernières statistiques du MSPP font état de 60 % des accouchements réalisés au sein des institutions sanitaires. Les matrones réalisent les 40 % restants. Mme Mathurin révèle que seules 300 sages-femmes sont reconnues par l’État. Ce nombre est largement insuffisant compte tenu de la demande. Selon l’OMS, pour rendre le secteur plus dynamique, plus de 1 500 sages-femmes devraient être déployées sur l’ensemble du territoire.

Mme Mathurin rappelle que les sages-femmes interviennent dans la prévention, le diagnostic et le traitement de certains problèmes de santé. Elles travaillent également en collaboration avec les gynécologues en cas de complications.

Un énorme défi à relever

La mortalité maternelle en Haïti est l’une des plus élevées de la région des Amériques. En 2016, elle était supérieure à 529 décès pour 100 000 naissances vivantes. Toutefois, les dernières statistiques du MSPP font état de 328 décès pour 100 000 naissances vivantes. Parmi les principales causes de mortalité maternelle figurent les hémorragies, les avortements non sécurisés et les infections.

Les acteurs du système sanitaire devront intensifier leurs efforts pour atteindre l’objectif de 50 décès pour 100 000 naissances vivantes prévu dans le cadre des Objectifs de développement durable à l’horizon 2030.

LLM / Radio Métropole Haïti

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