L’intégration sociale, priorité des associations de déportés

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Alors que le gouvernement et de nombreux secteurs de la vie nationale estiment que les déportés font partie des causes de la recrudescence des actes d’enlèvement dans le pays, des responsables d’associations de déportés sollicitent un support des autorités pour favoriser l’intégration sociale de leurs membres. La Fondation Haïtienne des Familles de Rapatriés et le Développement Partner Team sont en première ligne de cette lutte qui vise à projeter une nouvelle image pour les déportés. Le directeur de Développement Partner Team, Frantz Saintil, s’exprime avec un fort accent anglophone parce qu’il a été déporté des Etats-Unis en 2001 où il vivait avec sa famille. » Il souligne que les déportés sont considérés comme des bouc émissaires rappelant qu’il a été, comme tous les autres déportés, incarcéré pendant un mois lors de son arrivée à Port-au-Prince. Selon M. Saintil nombre de déportés ne travaillent pas parce qu’ils ne savent comment chercher un emploi. » 90 % de la bataille pour la réinsertion sociale est psychologique « , dit-il faisant valoir que tout être humain mérite une seconde chance. Interrogé sur l’implication des déportés dans des actes de kidnapping, M. Saintil a souhaité que les autorités haïtiennes communiquent des statistiques sur ce dossier. Le responsable de la Fondation Haïtienne des Familles de Rapatriés, Rodrigue Ulcenat, a pratiquement achevé sa réinsertion, il est un traducteur de l’Organisation Internationale pour la Migration (OIM) et réalise des projets qui sont supportés par l’OIM. » Nous oeuvrons afin de mettre un terme à la stigmatisation et la marginalisation des déportés » déclare M. Ulcenat qui espère que le gouvernement apportera sa contribution dans le cadre de cet effort.Selon lui, le gouvernement doit construire un centre d’accueil pour les déportés afin de prendre en charge ces individus. Ce consultant de l’OIM révèle que plusieurs ressortissants des Bahamas n’ayant aucun lien avec Haïti ont été récemment déportés dans le pays parce que leurs grands-parents étaient de nationalité haïtienne.

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