Prosper Avril ne sera pas transféré à Saint Marc pour être entendu sur le massacre de Piattre

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Le juge d’instruction à Saint Marc , Maitre Henry Kesner Noël , a donné commission rogatoire à un collègue de Port-au-Prince pour entendre l’ex-général Prosper Avril dans le cadre du massacre de Piattre , survenu le 12 mars 1990. Le magistrat a ainsi donné suite à la requête des avocats de l’ex-président du gouvernement militaire (septembre 1988-mars 1990) qui avait notamment posé le problème de la sécurité pour leur client. Toutefois, le juge instructeur n’a pas tenu compte des remarques de Maitres Reynold Georges et Rigaud Duplan autour des déclarations faites par les paysans démentant toute participation de M. Avril à cette tuerie. La décision du juge d’instruction est combattue par le commissaire du gouvernement , Maitre Fréno Cajuste . Le chef du Parquet à Saint Marc estime que le juge Noël n’a pas respecté l’article 70 du Code d’Instruction Criminelle qui permet une telle décision en faveur d’un témoin et non d’un inculpé. Maitre Cajuste annonce qu’il va s’adresser en ce sens au juge d’instruction . L’avocat des victimes de Piattre , Maitre Mario Joseph , partage le point de vue du commissaire du gouvernement . Maitre Joseph soutient que Prosper Avril doit être entenduà Saint Marc et craint que l’ordonnance rendue en faveur de l’audition de l’ancien président du gouvernement militaire dans le Bas-Artibonite ne soit cassée. Toutefois, Nickson Régis , dirigeant du comité  » Pa la Fwa  » qui défend les paysans de Piattre se réjouit de la démarche du juge d’instruction . M. Régis estime que Maitre Henry Kesner Noël s’est lavé les mains dans le dossier avec une telle décision . Le 12 mars 1990 une dizaine de paysans ont été tués dans la localité dénommée Piattre dans le Bas-Artibonite située Nord-Ouest de Port-au-Prince suite à une intervention de l’armée . Le général président Prosper Avril , démissionnaire depuis le 8 mars 1990 avait pris le chemin de l’exil dans la matinée du 12 mars .

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