Raoul Guillaume, l’expression musicale de l’âge d’or d’Haïti

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L’historien Michel Soukar a salué, ce lundi, pendant le journal du matin de Radio Métropole, la mémoire du musicien, chef d’orchestre et compositeur Raoul Guillaume décédé, à Delmas, dimanche, à l’âge de 93 ans : « Il s’agissait de l’un des plus grands musiciens produit par ce pays. Raoul Guillaume était incontournable. Il faudra beaucoup de temps pour qu’un autre artiste de cette trempe se révèle. » Né en 1927, saxophoniste, Raoul Guillaume appartenait à la génération d’Issa el Saïeh, Wébert Sicot ou Nemours Jean-Baptiste, d’autres grands noms de la musique haïtienne, a-t-il rappelé. Ces musiciens jouaient une musique qui s’inscrivait dans le courant indigéniste dont le philosophe Jean Price Mars était chef de file. Dans leurs morceaux, ils mettaient en application son fameux principe « Soyons nous-mêmes, le plus complètement possible. » Raoul Guillaume a composé une pléiade de morceaux à succès, comme « Papa Dambala » ou « Voisine », mais sa plus grande réussite artistique était sans conteste la « Complainte paysanne » assure Michel Soukar. Vive le football était également devenu un hymne international, ajoute-t-il. Selon lui, Raoul Guillaume était un grand professionnel, mais il n’a jamais vécu totalement de sa musique : « Son activité de comptable lui permettait de boucler les fins de mois, même s’il a pu à certaines époques tirer des revenus de sa musique, qui connaissait un grand succès en Amérique Latine. Il a porté bien haut le nom d’Haïti partout où il l’a pu.» Chaque Radio d’Haïti devrait lui rendre hommage en passant ses chansons estime l’historien. Michel Soukar laisse même entendre que certaines de ses œuvres sont encore inédites, dont un ensemble de partitions pour le tambour. Peut-être aurons-nous la possibilité un jour de découvrir cette part méconnue de sa production artistique et d’accomplir notre devoir de mémoire envers ce grand musicien, conclut l’historien. AL / radio Métropole Haïti