
L’un des principaux acteurs du secteur de la réintégration sociale des jeunes prône le dialogue avec les gangs armés. Le révérend Julio Volcy, pasteur de l’église Rendez vous Christ, estime que le dialogue est un outil important en vue de mettre un terme à la violence des gangs. Considérant que les méthodes utilisées pour le désarmement et le démantèlement des gangs n’ont jusqu’ici pas permis d’obtenir les résultats escomptés, le religieux presse le gouvernement à recourir au dialogue. Tuer des milliers de jeunes qui ont basculé dans la violence, n’est pas la solution. Il en veut pour preuve la détérioration de la situation sécuritaire après la fin du mandat de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation d’Haïti (Minustah).
La stratégie de la négociation devrait être mise en branle avant les élections. Pour ce défenseur des droits humains le processus électoral pourra être lancé rapidement parce que le climat sécuritaire serait retabli.
Participation des organisations de base
De l’avis du pasteur Volcy le gouvernement serait bien inspiré d’inclure les organisations de base et les confessions religieuses dans le processus de réintégration sociale de jeunes. Il souligne que l’État ne pourra seul garantir la pérennité de ce programme indispensable pour l’avenir de la nation.
Les jeunes de moins de 30 ans représentent plus de 60 % de la population haïtienne. La solution de sagesse doit être de réinsérer les jeunes qui avaient été recrutés par les chefs de gang. L’organisation Haïti teen in danger a déjà favorisé la réintégration de plus de 750 jeunes. Il s’agit d’adolescents pris en charge et ayant bénéficié d’une bourse d’études. Un grand nombre d’entre eux ont pu intégrer le marché du travail.
C’est par le secteur religieux et la spiritualité que les jeunes ont été amenés à changer de direction. L’église Rendez vous Christ organise chaque année des conférences d’évangélisation offrant de nouvelles alternatives aux jeunes pris dans le piège de la violence.
Négociation avec les gangs
Même s’il promeut la négociation, le pasteur Volcy assure que le dialogue marche de pair avec la justice. Les criminels devront payer pour les crimes commis, a-t-il laissé entendre rappelant que ceci se fera dans le cadre du système judiciaire. Il plaide pour que dans le même temps les victimes obtiennent des réparations.
Intervenant à l’émission le Point le pasteur Volcy à révélé que plusieurs officiels du gouvernement et des dirigeants d’organisations de la société civile ont accepté l’idée de ne pas répondre à la violence par la violence. En dépit d’une longue expérience et des résultats probants dans le secteur, le pasteur Volcy n’est pas interressé à prendre les commandes de la CNDDR.
Il indique avoir fait part de ses propositions au chef du gouvernement lors des plusieurs rencontres. L’engagement du pasteur Volcy lui cause des ennuis. Il a échappé à plusieurs tentatives de kidnapping et certains de ses collaborateurs ont été tués.
LLM / radio Métropole Haïti

