Affaire Guacimal: libération de la plupart des paysans détenus

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La justice a ordonné l’élargissement,le mardi 20 août 2002, de sept des neuf paysans de Guacimal incarcérés depuis plus de deux mois au Pénitencier national et au Fort National suite aux incidents enregistrés à Saint-Raphaël au mois de mai dernier. L’appareil judiciaire a décidé de retenir deux des détenus qui sont des membres du syndicat “Batay Ouvriyè” de l’usine de transformation d’agrumes dans cette région du Nord du pays, a indiqué à Radio Métropole, Yolène Gilles de la National Coalition For Haitian Rights (NCHR). L’élargissement des prisonniers de Guacimal intervient 24 heures après le sit-in organisé par les militants des droits humains dans la cour du ministère de la justice pour dénoncer l’incarcération des paysans. Ce mouvement de protestation avait duré environ deux (2) heures et réuni près d’une trentaine de représentants de la National Coalition For Haitian Rights (NCHR), de la Plate-forme des Organisations Haitiennes des Droits Humains (POHDH), la Solidarite Fanm Ayisyen (SOFA) et des membres de l’organisation “Batay Ouvriyè”. Pendant que la protestation prenait corps dans la cour du ministère de la justice, une délégation composée des membres des différentes organisations sus-citées était entrée en pourparlers avec des responsables de l’appareil judiciaire. Le directeur général et le directeur des affaires judiciaires représentant du ministère de la justice avaient contacté sur place le doyen du Tribunal Civil de Grande Rivière du Nord, juridiction de l’arrestation des paysans. Selon Eliphète Saint-Pierre de la POHDH, les autorités judiciaires avaient promis d’ordonner sous peu la libération des victimes. Le 27 mai dernier, deux (2) paysans avaient été tués et plusieurs autres blessés lors d’affrontements entre les proches d’élus locaux et des membres du syndicat “Batay Ouvriyè”, qui réclamaient de meilleures conditions de travail dans une usine de transformation d’agrumes destinés à l’exportation. A la suite de cet incident à Guacimal, dans le Nord, onze (11) personnes dont deux (2) journalistes avaient été arrêtés. Les deux (2) confrères ont été libérés après une grande mobilisation. Les neuf (9) autres personnes qui avaient été retenues en prison sont accusées par le gouvernement d’être notamment opposées au projet d’implantation de la zone franche à Ouanaminthe.

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