Affaire Jovenel Moïse : Renan Hédouville exprime son inquiétude

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Deux mois jours pour jour après l’assassinat du président Jovenel Moïse, le protecteur du citoyen, Renan Hédouville s’inquiète de la tournure prise par l’enquête.

En effet, il dénonce l’action de ceux qu’il nomme les criminels médiatique qui font flèche de tout bois pour faire obstruction aux investigations . Le protecteur rappelle ainsi le déport du dossier du premier juge instructeur, Mathieu Chanlatte après qu’il ait fait l’objet d’une vraie campagne de lynchage dans la presse et les critiques qui ont suivies la désignation de Gary Orélien pour lui succéder.

Par ailleurs le comportement de l’actuel premier ministre donne aussi du souci à maître Hédouville :

« Le premier ministre d’un pays dont le président vient d’être assassiné peut-il se permettre de déclarer sur les ondes d’une radio, qu’il ne croit pas que l’un des principaux suspects du meurtre puisse être coupable  » s’interroge-t-il, parlant de faux pas médiatique du chef du gouvernement.

Plus encore, l’inquiétude de l’officier protecteur grandit après les révélations du dernier rapport de Réseau National de Défense des Droits Humains concernant des contacts entre Ariel Henry et Joseph Félix Badio, la nuit de l’assassinat du président Moïse.

Désormais l’affaire est prise en main par la justice avec la demande effectuée mardi, auprès de la compagnie de téléphonie Digicel, par le commissaire du gouvernement Bed-Ford Claude afin que les relevés d’appels du premier ministre et du principal suspect de l’assassinat lui soient remis. Ce qui amène maître Hédouville à prendre position :

« Si de tels contacts étaient avérés, le premier ministre ne pourrait se maintenir à la tête du gouvernement pour des raisons de morale politique, d’éthique et par respect des principes généraux du droit. Il lui faudrait démissionner dans les 72 heures et se mettre à la disposition de la justice. »

60 jours se sont écoulés depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse et peu à peu le doute s’installe concernant ses chances d’obtenir justice.

AL/Radio Métropole