Aveux de Léon Manus de son Exil

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Me Léon Manus qui avait du quitter précipitemment Haïti suite aux pressions de certains secteurs politiques fait une déclaration de son exil : « Il n’y aurait que 5 sénateurs du parti Lavalas qui auraient gagné les élections dès le premier tour.Voici donc des extraits de la déclaration de Maïtre Léon Manus :… »Dès le lendemain (du 21 mai – jour des élections) les protestations ont pris corps, plaçant le CEP sous les feux croisés tant de ceux qui clamaient victoire que de ceux qui criaient à la fraude généralisée. De part et d’autre, les pressions se faisaient de plus en plus fortes. La vérité, comme toujours dans ce genre de situation, se trouve bien souvent au milieu. Mais les passions exacerbées plaçaient le CEP dans un camp ou dans l’autre, alors que sa responsabilité était de respecter à la lettre les dispositions de la loi électorale concernant l’ensemble des opérations y compris le comptage, la tabulation des votes, la gestion des litiges jusqu’à la proclamation des résultats définitifs.D’autant plus que ces contestations s’étaient dans bien des cas avérés légitimes, en particulier en ce qui à trait au rôle actif de quelques éléments de la police dans certains actes de fraude, de vols d’urnes et de falsification de procès verbaux au cours de la nuit et au lendemain du scrutin. La publication de certains résultats partiels a été exploitée par les uns et les autres pour jeter le discrédit sur le CEP. Même la Mission d’Observation de l’OEA jugeait nécessaire de lancer une mise en garde qui a été diversement interprétée. Tout en maintenant notre position concernant la manière dont cette correspondance de la MOE a été rendue publique, je dois reconnaître que certaines des considérations qu’elle contient nous ont permis de mieux approfondir certains aspects techniques et de calculer à nouveau le pourcentage de votes obtenus par les candidats en stricte conformité avec les stipulations de la loi électorale. Ainsi, les résultats définitifs pour les candidats au Sénat de la République ont vu seulement cinq (5) sénateurs élus dès le premier tour. La majorité de ceux-là qui venaient par la suite en tête au moment du décompte partiel devait participer à un second tour. C’est ce qu’ont révélé le décompte final des votes et la tabulation des résultats en fonction des disposition de la loi électorale. Ce sont ces résultats qu’en tant que Président du CEP, je comptais rendre publics, conformément aux prescrits de la constitution haïtienne, aux principes d’éthique et d’équité qui doivent être la boussole des serviteurs de l’état. En agissant ainsi je tenais à rester fidèle à l’engagement que j’avais pris sur l’honneur de respecter la volonté du peuple haïtien. Sitôt que ma décision a été portée à la connaissance de l’Exécutif, les pressions ont commencé à se faire de plus en plus pressantes pour convertir les résultats partiels en résultats définitifs, ceci, au mépris absolu de toutes considérations de justice, et de respect de la loi électorale. Dès lors, ma sécurité a été gravement mise en danger car je n’ai jamais accepté de cautionner les derniers résultats électoraux incorrects et non conformes à la loi électorale (…)En outre, des groupes d’individus se réclamant d’un parti politique influent commençaient à exécuter leurs menaces de mettre la capitale et les villes de province à feu et à sang, de brûler de tout détruire sur leur passage. M’adressant un ultimatum pour la proclamation immédiate des résultats que moi je considérait comme illégitimes et incorrects, je me sentis incapable d’un tel acte de trahison envers mon pays dans ce tournant décisif de son histoire.(…) » FIN DE LA DECLARATION DE Me MANUS

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