Crise en Haïti, des syndicalistes appellent à une transformation radicale de l’Etat

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Le mouvement syndical Antèn Ouvriye considère qu’une transformation radicale est la seule issue à la crise en Haïti, alors que la situation du pays continue de se dégrader. Les membres de cette organisation dénoncent le fait que cette crise profonde résulte de compromis corrompus entre les dirigeants et d’autres acteurs, motivés uniquement par leurs intérêts personnels. Renel Sanon, porte-parole d’Antèn Ouvriye, déplore également les mauvais traitements infligés aux travailleurs ces derniers jours, simplement parce qu’ils revendiquent de meilleures conditions de travail.

Cette semaine, des syndicalistes du secteur des transports en commun ont annoncé des avancées dans la mise en place d’une subvention ciblée. Cette mesure, qui vise à soutenir les chauffeurs de tap-tap, avait été proposée en 2022, lorsque le gouvernement envisageait d’augmenter le prix des carburants. L’engagement de ce regroupement syndical, qui se consacre corps et âme à la réalisation de ce projet, a servi d’exemple pour les membres d’Antèn Ouvriye, qui estiment que la situation du pays est le résultat de cette transformation des mentalités, où de nombreuses personnes persistent à ne poursuivre que leurs intérêts personnels, sans tenir compte de l’intérêt général.

Antèn Ouvriye s’est donné pour mission de défendre les droits des travailleurs sur l’ensemble du territoire. Constatant que cette catégorie est la plus grande victime du chaos qui règne, l’organisation dénonce le fait que rien n’est fait en leur faveur, malgré leur rôle au sein de la société. Les tentatives de dialogue ne suscitent aucun espoir d’un avenir meilleur, et selon Renel Sanon, porte-parole de l’organisation, seule une action politique radicale peut changer la donne.

Bien que les travailleurs, comme tous les secteurs de la société, soient victimes de la situation générale du pays, ils font face à des problèmes supplémentaires. Ces dernières semaines, une cinquantaine d’entre eux ont été licenciés par leurs employeurs pour avoir revendiqué de meilleures conditions de travail, déplorent les syndicalistes. La lutte pour de meilleures conditions de travail et une augmentation des salaires ne date pas d’hier, mais leurs demandes sont systématiquement ignorées par les personnes concernées.

Marvens Pierre

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