Crise politique : Tout est à envisager pour le plus grand bien de la nation , dit la Conférence Episcopale d’Haiti

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L’Eglise Catholique fait part de sa grande préoccupation face à la détérioration de la situation socio-politique .Dans un communiqué publié , le lundi 2 décembre 2002 , les évêques placent le Pouvoir Lavalas , l’Opposition et la Communauté Internationale devant leurs responsabilités. La Conférence Episcopale appelle à la sagesse pour éviter le naufrage de la barque nationale . Au bout de sa prière et de sa réflexion sur la colère qui monte et la grogne qui augmente au risque de “ dechoukaj” et de représailles, la Conférence Episcopale d’Haiti (CEH) dit dans son communiqué que “tout est à envisager et rien n’est à exclure pour le bien supérieur de la nation “ . Dans cette déclaration en treize (13) points, l’Eglise Catholique a quelque peu fait la part des choses en ce qui concerne notamment Lavalas et la Convergence . Faisant allusion au pouvoir en place , les évêques exhortent les partisans du régime à  » fixer leur regard non sur un homme mais sur la nation  » et évoquent un ensemble de questions à savoir : “renoncer volontairement au pouvoir pour le plus grand bien de la nation , ou bien écourter magnanimement la durée du mandat pour appeler à des elections générales anticipées “. Les evêques s’interrogent également sur la possibilité “d’opérer des réformes en profondeur capables de rendre le pouvoir crédible et de rétablir la confiance”. “Vous êtes au rendez-vous de l’histoire . Soyez à la hauteur de votre mission “, écrit l’Eglise Catholique avant d’appeler à la sagesse et au discernement d’en haut. S’adressant à l’Opposition , qui selon elle , attend l’écroulement du régime actuel , les évêques lui demande si elle a suffisamment fait pour éviter la catastrophe . Selon l’Eglise Catholique, “ mettre le capitaine du vaisseau en échec (sans le citer nomément), c’est quand même exposer tous ceux qui sont à bord aux conséquences malheureuses d’interminables accidents de parcours” . L’Eglise estime que toute remise du pouvoir doit se faire dans de “ meilleures conditions , sous forme de passation constitutionnelle et non de dechoukage “ et appelle l’Opposition à formuler un projet de société et à consolider les institutions . L’Eglise Catholique appelle par ailleurs à préserver les institutions comme le CEP . “ Nous croyons que c’est une nécessité à l’heure actuelle”, dit la Hiérarchie Catholique avant de souhaiter que les conditions pour sa mise en place soient bientôt réunies . A la Communauté Internationale , les évêques demandent persévérance et lui font comprendre que , “ dans la conjoncture actuelle “ , il ne faut pas qu’elle cherche à “ substituer ses intentions et ses impératifs aux initiatives citoyennes et surtout d’écarter toute velleité de récupération du désastre d’une nation à quelque fin que ce soit .

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