
Le professeur Hérold Toussaint exprime sa tristesse à cause de la mise à l’écart de l’Université. À son avis il s’agit de pertes systémiques pour la nation puisque le mépris à l’égard de l’université coïncide avec l’humiliation de la nation et de son symbole, le drapeau. Au bord des larmes, M. Toussaint regrette que cette conjoncture, marquée par une crise sécuritaire, se transforme en une humiliation pour la nation.
Il note que les gouvernants fassent appel de manière récurrente à la communauté internationale pour rechercher une solution à la crise tandis que le pays dispose de ressources humaines compétentes. Il y a des hommes et femmes valables pouvant apporter leur savoir faire au service de la nation. Dénonçant cette mise à l’écart M. Toussaint attire l’attention sur l’urgence de déployer des efforts pour rendre la fierté aux jeunes. Cette démarche implique des initiatives afin d’ d’inculquer les valeurs haïtiennes. Il faut récupérer ce qui constitue nos racines, a t-il laissé entendre.
Une nouvelle entité de régulation de l’enseignement universitaire
Dans le cadre de cet effort de l’élite intellectuelle, M. Toussaint annonce le l’entrée en scène d’une nouvelle entité. L’agence nationale pour l’enseignement supérieur et la recherche scientifique (ANESRS). Cet organisme a pour mission principale de contrôler les universités publiques et privées. Il s’agit de faciliter notamment les interactions entre l’État et l’université. L’agence devra évaluer et être sensible aux activités des universités. Pour le professeur Toussaint, président de l’ANESRS, cette entité sera le bras intellectuel et scientifique de l’État.
Aujourd’hui plus que jamais il faut privilégier la recherche scientifique et les études afin de favoriser le progrès social et le développement économique. Il recommande que des ressources financières suffisantes soient allouées aux universités afin qu’elles puissent s’acquitter de leur mission.
Transmettre les valeurs à la jeunesse
Il est indispensable dans l’effort de restaurer la fierté nationale de mettre l’accent sur les modèles. M. Toussaint entend mettre en évidence notamment M. Dantès Bellegarde. Il rappelle que c’est lui qui, en 1920, avait pris l’initiative d’instaurer la commémoration de l’université. Les écoliers et les étudiants ont une dette envers cette figure importante de l’intelligentsia haïtienne, martèle M. Toussaint déplorant que l’œuvre de Bellegarde ne soit pas enseignée.
Il faut transmettre l’âme haïtienne et un patriotisme éclairé. C’est le socle de l’éducation qui doit promouvoir l’amour de la patrie et de la nation. L’université doit avoir des racines haïtiennes c’est ce qui encouragera les jeunes à aimer leur pays. La fête du drapeau implique une prise de conscience de la nécessité de léguer un héritage aux jeunes ce n’est pas seulement du folklore. On doit avoir le sentiment d’appartenance et prendre conscience que nous sommes obligés d’être solidaires.
LLM / radio Métropole Haïti

