Kesner Pharel : doit-on bloquer tout le pays pour le carnaval ?

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Il est temps de tirer le bilan économique du carnaval national qui s’est tenu cette année du 14 au 16 février à Port de Paix, métropole du  département du Nord ouest.

La première conséquence des festivités citée par l’économiste Kesner Pharel est une perte sèche de 2 milliards de gourdes de rentrées fiscales et douanières liée à la paralysie de tous le pays en raison de festivités qui se tenaient dans une zone périphérique.

« Ce qui est bon pour port de Paix ne l’est pas obligatoirement pour le reste de la nation. Il n’y a aucune raison de bloquer les activités économique dans l’Ouest et donc de perturber les flux financiers dans la capitale économique du pays pour une activité qui se tenait si loin en province. De plus pourquoi le mercredi des cendres reste-t-il férié alors qu’aucune activité festive ne se tient se jour là ? » s’est-il interrogé ce vendredi, pendant le journal du matin de Radio Métropole.

L’économiste a également déploré les dépenses réalisées pour l’organisation du carnaval. Si certaines seront profitables à long terme à Port de Paix, d’autres, sont selon lui, totalement inconsidérées. Elles vont contribuer à une augmentation des déficits publics générateurs d’inflation, affirme Kesner Pharel :

« D’ores et déjà, on peut considérer que le 2e trimestre de l’exercice fiscal qui s’achève en mars ne sera pas meilleur que le précédent. Les échéances électorales s’annoncent dés le 3e trimestre ainsi que le début de la saison cyclonique juste après. La perspective d’une croissance de l’économie nationale de 2,4% en 2020-2021 s’éloigne donc de plus en plus. »

Par contre, une nécessité s’impose : celle de faire preuve de prévoyance et de subtilité dans la gestion des fonds publics.

Comme à son habitude Kesner Pharel plaide pour un changement de pratiques. Une forme de révolution mentale vers la bonne gouvernance.

AL/Radio Métropole