Le Canada sceptique quant à l’envoi d’une force d’intervention en Haïti

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De passage à Ottawa, le secrétaire d’État américain, Antony Blinken, tente de convaincre son homologue, Mélanie Joly, de prendre les rênes pour l’envoi d’une force d’intervention internationale  en Haiti , en proie à une crise profonde.

Selon des informations rapportees par   RadioCanada  une « mission d’évaluation en Haïti » afin de déterminer comment il « peut contribuer à la réponse internationale » aux crises humanitaires, sanitaires et sécuritaires qui balayent la perle des Antilles.

Le Canada et les États-Unis tentent de répondre à la demande d’intervention militaire étrangère formulée par le gouvernement haïtien. (nouvelle fenêtre) Le gouvernement haïtien par intérim gère un pays plongé dans le chaos depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en juillet 2021.

Les deux pays affirment qu’il faut intervenir, mais ne s’entendent pas sur la manière de le faire.

Accompagné de la ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, le secrétaire américain a déclaré en conférence de presse jeudi que des discussions avec le Canada sur l’intervention militaire en Haïti étaient toujours en cours. Je crois qu’il faut faire davantage pour soutenir la police haïtienne pour qu’elle puisse reprendre la situation en main, a-t-il affirmé.

Depuis septembre, des groupes armés bloquent l’accès aux réserves de carburant, ce qui a entraîné une pénurie de produits de base, d’eau potable et de services médicaux. Tout cela à travers une éclosion de choléra.

Selon les Nations unies, près de la moitié des 11 millions d’habitants d’Haïti sont aux prises avec une insécurité alimentaire aiguë, dont 1,8 million fait face à des niveaux d’insécurité alimentaire d’urgence.

Le Canada et les États-Unis ont envoyé des véhicules blindés et les Nations unies songent aussi à une intervention militaire sur le terrain pour rétablir l’ordre. Une position appuyée par le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres.

Antony Blinken continue de faire pression pour que le Canada prenne la tête d’une force internationale afin de stabiliser Haïti, assiégé par des gangs criminels.

Mais la ministre Joly souhaite pour le moment mettre l’accent sur l’aide humanitaire. Présentement, c’est le peuple qui souffre en Haïti, alors notre objectif, c’est de les aider.

Elle a également expliqué que, pour régler la crise politique, il fallait trouver des solutions à la crise humanitaire et sanitaire. Haïti doit pouvoir recevoir du carburant et de l’eau potable, a-t-elle ajouté.

Mme Joly a indiqué qu’il fallait surtout soutenir les autorités sur place. Elle a d’ailleurs annoncé qu’une mission canadienne s’était rendue en Haïti afin d’évaluer la situation sur le terrain. Nous allons toujours soutenir des solutions qui sont trouvées et appliquées par les Haïtiens, a-t-elle précisé.

La ministre a dit mener des discussions avec plusieurs partenaires, dont la Communauté des Caraïbes (CARICOM) et l’Union africaine afin de s’assurer qu’il y a une légitimité derrière une telle approche.

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