
Face aux inquiétudes exprimées sur la capacité du Conseil électoral provisoire (CEP) à organiser les prochains scrutins dans de bonnes conditions, son président Jacques Desrosiers a voulu rassurer sur le financement, le calendrier électoral et l’état d’avancement du processus. Les interrogations se sont multipliées après l’adoption par le CEP d’un budget électoral revu à la baisse, inférieur au montant initialement estimé à 250 millions de dollars. Jacques Desrosiers a expliqué que cette différence s’explique notamment par la prise en charge par le gouvernement d’une partie des dépenses prévues.
« Le budget adopté ne représente pas nécessairement l’ensemble des coûts qui seront engagés », a indiqué le président du CEP, ajoutant qu’une révision à la hausse du montant n’était pas exclue en fonction de l’évolution des besoins. Sur le référendum constitutionnel, Jacques Desrosiers a également tenu à clarifier certaines incompréhensions. Lors du premier tour des élections, les électeurs ne seront pas appelés à voter pour une nouvelle Constitution, mais devront se prononcer sur d’éventuelles modifications de certains articles du texte constitutionnel en vigueur.
Concernant l’organisation politique du scrutin, au moins huit regroupements ont officiellement déposé leur dossier auprès du CEP avant la date limite du 31 juillet, marquant la fin de la phase d’enregistrement. L’institution électorale n’a toutefois pas encore communiqué le nombre exact de partis et structures composant chacun de ces regroupements. L’examen des dossiers et l’agrément des regroupements doivent se poursuivre au cours de la semaine du 10 au 14 août, a précisé Jacques Desrosiers.
Le président du CEP a par ailleurs rappelé que l’agrément d’un parti politique ne signifie pas automatiquement qu’il est autorisé à présenter des candidats aux prochaines élections. Les formations devront notamment satisfaire aux exigences fixées par l’institution, parmi lesquelles la mobilisation d’un minimum de 30 000 adhérents.
Sur les 316 partis déjà agréés par le Conseil électoral, certains estiment avoir rempli les conditions nécessaires et ne jugent pas indispensable de rejoindre une structure plus large, selon Jacques Desrosiers. Il appelle toutefois les responsables politiques à s’organiser afin de respecter les exigences du processus électoral.
Des bureaux d’inscription bientôt opérationnels
Alors que des observateurs continuent de critiquer le calendrier électoral, jugé trop ambitieux par certains, le CEP affirme poursuivre ses préparatifs à travers le pays. De nouveaux bureaux d’inscription des électeurs doivent être opérationnels dès la semaine prochaine. L’objectif affiché par l’institution est de disposer à terme d’environ 1 400 centres d’enregistrement afin de faciliter l’accès des citoyens au processus électoral.
Jacques Desrosiers rejette les accusations selon lesquelles le calendrier serait irréaliste. Selon lui, les activités prévues se poursuivent afin de rendre l’appareil électoral opérationnel dans les délais impartis. Le CEP entend maintenir le calendrier électoral révisé, qui prévoit la tenue du premier tour des élections le 13 décembre 2026. Mais l’institution reconnaît que le respect de cette échéance reste largement dépendant de l’amélioration de la situation sécuritaire dans le pays.
Marvens Pierre

