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Haïti
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Les motocyclettes constituent une menace pour la sécurité routière

De l’avis de nombreux spécialistes, l’introduction récente des tricycles, en plus des motocyclettes ordinaires, sur la voie publique constitue une entrave à la sécurité routière. Dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, notamment à Delmas et à Pétion-Ville, ces tricycles sont omniprésents et provoquent des embouteillages. Pire encore, le non-respect des normes de sécurité routière prévues dans le Code de la route entraîne un grand nombre d’accidents. En réalité, les motocyclettes ne sont pas prévues comme moyen de transport en commun dans le Code de la route haïtien.

En 2013, une étude réalisée par l’ONG Humanité & Inclusion indiquait que 36 % des victimes d’accidents étaient des usagers de motocyclettes. Une enquête menée en 2018 par Stop Accident révélait que les motos de tous types étaient impliquées dans 60 % des accidents sur la voie publique.

En 2019, Stop Accident avait publié un bilan faisant état de 2 186 accidents ayant causé 3 691 victimes, dont 497 décès sur les lieux. Entre-temps, la situation s’est aggravée en raison de la crise sécuritaire. Pour certains spécialistes, l’arrivée massive des motocyclettes constitue le plus grand fléau de la circulation routière en Haïti.

Le danger des tricycles

Plusieurs spécialistes s’interrogent sur le processus qui a permis l’introduction de ce type de véhicule en Haïti. Répondant à ces interrogations, le ministre du Commerce et de l’Industrie, M. James Monazard, a fait valoir que les biens non interdits par la loi peuvent être importés. Selon lui, ces véhicules ne sont pas prohibés par la législation haïtienne, tout en reconnaissant la nécessité d’un contrôle efficace. Pour le ministre, la première démarche consiste à disposer de données fiables sur les éventuels impacts négatifs de ces véhicules sur la société. Des universités et des institutions spécialisées devraient réaliser des études afin de fournir des données scientifiques.

Jusqu’en 2019, l’ONG Stop Accident publiait des statistiques relatives aux accidents sur la voie publique. Cette organisation s’appuyait sur un réseau de bénévoles pour répertorier les accidents. En outre, le ministre Monazard soutient que la société civile doit jouer son rôle en alertant les autorités sur les conséquences néfastes du phénomène, notamment les accidents de la circulation. À ce stade, les institutions publiques pourront intervenir et le gouvernement sera en mesure d’élaborer de nouvelles politiques publiques sur cette question.

Les motos-taxis, un problème complexe

Les motocyclettes, bicyclettes et tricycles ont inondé le marché haïtien à la faveur de la production de ces véhicules à moindre coût. Faute de pouvoir obtenir un emploi stable, de nombreux jeunes ont investi leurs ressources dans le secteur du transport public. Le ministre Monazard reconnaît la complexité du dossier et souhaite que l’ensemble de ses dimensions soit pris en compte. Il estime que les médias et les leaders de la société civile ont un rôle important à jouer afin de susciter une véritable prise de conscience autour de ce phénomène.

LLM / Radio Métropole Haïti

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