Le Président Moïse affirme que les élections se dérouleront en septembre

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Lors de son intervention au Conseil de sécurité – réuni par vidéoconférence, le Président Moïse a défendu son administration, affirmant qu’elle était confrontée non seulement à la pandémie de Covid-19, mais aussi à des « oligarques corrompus » et à une « opposition radicale et violente » qui ont tenté à plusieurs reprises un coup d’État.

« Cette politique de chaos a fait que le gouvernement a dû enlever les gants », a-t-il dit, ajoutant cependant que les élections législatives qui auraient dû avoir lieu à l’origine en octobre 2019 se dérouleront en septembre.

M. Moïse, 52 ans, dit que son propre mandat présidentiel prend fin en 2022, cinq ans après sa prise de fonction. Mais ses opposants, citant la Constitution, affirment que son mandat a commencé lors des élections de 2016 – et que le moment est venu pour lui de se retirer.

Mme La Lime, présentant le dernier rapport du Secrétaire général sur Haïti, a indiqué que l’opposition n’avait pas réussi à mobiliser un appui public important dans sa campagne visant à évincer le Président. Mais elle a noté qu’une série de décrets présidentiels a incité les juges à se mettre en grève et menacé l’espace civique par une définition trop large du terrorisme – et ce à un moment où environ 4,4 millions d’Haïtiens auront besoin d’une aide humanitaire cette année.

Dans ce contexte instable, les préparatifs des élections de cette année – et d’un référendum constitutionnel – se poursuivent. Mais l’envoyée de l’ONU a averti que beaucoup reste à faire et que le vote pourrait être retardé en raison d’un manque de financement international.

« Par-dessus tout, un consensus minimal parmi les acteurs politiques concernés contribuerait grandement à créer un environnement propice à la tenue du référendum constitutionnel et des élections ultérieures », a-t-elle déclaré, ajoutant que les Nations Unies se tenaient prêtes à apporter leur aide.

Vivianne Roc, 23 ans, de Plurielles, un groupe de jeunes éco-féministes, a également informé le Conseil aujourd’hui. Elle a décrit un pays en proie à l’anarchie, au banditisme et à la violence des gangs mais elle a aussi estimé que les choses pouvaient encore s’améliorer.

« La jeune femme qui est devant vous aujourd’hui est scandalisée par le vent d’insécurité qui balaie son pays », a-t-elle déclaré, présentant à l’organe de 15 membres plusieurs recommandations – dont la répression du trafic d’armes et de drogue, et la création de centres d’appels pour victimes de violence domestique.