Les États-Unis et le Canada soutiennent le Kenya qui veut diriger une force de police multinationale en Haïti.

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 L’horizon commence à s’éclaircir, en vue d’un déploiement d’une force de police multinationale en Haïti.

Les États-Unis et le Canada annoncent qu’ils accueillent favorablement la proposition kenyane.

Le ministre des Affaires étrangères kenyan, Alfred Mutua, avait annoncé la semaine dernière que son pays était prêt à prendre en charge une force multinationale en Haïti en réponse à la demande du Premier ministre Ariel Henry.


Après cette annonce, les États-Unis se sont engagés lundi à dégager des ressources en soutien à une force de police multinationale dirigée par le Kenya en Haïti.

Dans une interview exclusive accordée à Métropole ce mardi, le chargé d’affaires américain en Haïti Eric Stromayer a confirmé la nouvelle .

Les Américains vont déposer une résolution destinée à autoriser cette force devant le Conseil de sécurité de l’ONU, selon le département d’État.

Nous sommes résolus à trouver les ressources pour soutenir cette force multinationale, a déclaré à la presse le porte-parole du département d’État, Matthew Miller, ajoutant qu’il était encore trop tôt pour donner des précisions au sujet de la nature de l’aide américaine, financière ou matérielle, et des autres pays qui pourraient contribuer à cette tâche.

Cette proposition de déploiement nécessite toutefois un mandat du Conseil de sécurité de l’ONU.

À cet égard, les États-Unis associés à l’Équateur introduiront conjointement une résolution à cette fin devant le Conseil de sécurité de l’ONU dans un proche avenir, a indiqué le porte-parole.

Il faut souligner que les États-Unis occuperont la présidence mensuelle du Conseil de sécurité à compter de mardi.

Le Kenya doit également envoyer sur place une mission d’évaluation au cours des prochains jours et des prochaines semaines afin de jauger les conditions de déploiement d’une telle force de police.

Le secrétaire d’État américain Antony Blinken s’est montré très actif sur ce dossier et s’en est entretenu samedi avec le président kényan William Ruto.

Un haut responsable du département d’État, Todd Robinson, s’est rendu à Nairobi ces derniers jours pour finaliser les détails.

Le Canada annonce également qu’il accueille favorablement l’annonce du Kenya du week-end dernier et se dit prêt à travailler avec le Kenya et tous les partenaires afin d’assurer le succès de l’imminente mission de reconnaissance et de tout déploiement éventuel subséquent sous mandat du Conseil de sécurité des Nations Unies .

La capitale haïtienne, est encerclée par les gangs et les crimes violents tels que les viols, les enlèvements contre rançon, les vols à main armée et les détournements de voitures sont quotidiens.

Le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, et le premier ministre haïtien, Ariel Henry, appellent depuis des mois à une intervention internationale pour soutenir la police locale.

Face à la détérioration rapide du climat sécuritaire en Haïti, Le Département d’État américain avait émis  la semaine dernière une alerte urgente exhortant les citoyens américains présents en Haïti à quitter le pays le plus rapidement possible via des vols commerciaux.

 Cette décision a été prise  suite aux récents affrontements meurtriers entre gangs et les forces de police dans la commune de Tabarre, où se trouve également la représentation diplomatique des Etats-Unis en  Haïti .

Des dizaines de familles qui s’étaient réfugiées devant l’ambassade américaine  dans le but de fuir  la violence des gangs ont été chassées par la Police à coup de gaz lacrymogène.

 Depuis des mois la zone de Tabarre est contrôlée par le gang dénommé Kraze Baryè dirigée par le caïd Vitelom.

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